<-- -->

Free Web Hosting : Free Hosting : Troubled Teens : Report Abuse
Notes de l'auteur: Pour changer, cette fois j'ai fait un truc pas franchement délirant, mais basé sur l'univers de Diablo. Bon je mijotais ça depuis quelque temps déjà, mais je l'ai écrit en deux jours et fait une seule relecture, alors j'ai conscience que c'est loin d'être parfait :-) Enfin bref j'ai fait de mon mieux sans me prendre la tête!
L'histoire est centrée autour de la Rogue, ma classe de perso préférée... Oui, je sais je joue un mago mais vous croyez que je serais lvl46 aujourd'hui si j'avais pris une Rogue? Et puis j'avais encore jamais essayé mago héhéhé :-) Enfin on s'en tape. Ah oui par soucis de cohérence, j'ai utilisé des traductions françaises de l'anglais de Diablo plutôt que de garder la VO, pour les sorts par exemple... mais bon on s'y retrouve :-)
Comme d'hab, j'ai pas fait dans la dentelle, ya sept pages de traitement de texte, donc si vous voulez être peinards, sauvegardez la page et lisez-la plus tard (enfin sauf pour Sulay qui va faire grimper ses actions). Bonne lecture!
P.S.: Le prochain coup je fais un truc drôle parce que là des fois j'ai eu du mal à me retenir ;-)
 
 
 
 

Quest

Par Penguinator(Pg)
29/12/98











ela faisait des heures qu’elle descendait les marches irrégulières du sombre escalier en colimaçon, uniquement guidée par la lueur magique de sa broche. Les ténèbres l’enrobaient, et les seuls bruits perceptibles étaient ceux de ses pas et les battements de son coeur. Seul son désir de mettre fin aux abominations perpétrées par les hideuses créatures de ce labyrinthe lui donnait la volonté de s’enfoncer encore et toujours plus profond dans les entrailles de la terre.  Alors que Mya commençait à se demander si cet escalier n’était pas le fruit de quelque sorcellerie, une légère bise souleva ses cheveux, et elle sut que l’issue était proche. Au bout de quelques minutes, l’obscurité laissa place à une timide lueur rougeoyante, ce qui ne la rassura pas pour autant. Enfin, elle franchit un portail qui donnait sur une vaste et sombre salle. Prête à tout, elle prit son arc et tira une flèche de son carquois. Elle fit quelques pas dans le hall apparemment désert. Elle déclencha un feu enchanté et essaya de deviner les contours de la pièce. Quelque chose la fit sursauter. Un animal rampait quelque part sur sa gauche. Elle tendit son bout de bois incandescent; un mouvement furtif à quelques dizaines de mètres attira son attention. Elle ne put retenir un cri de douleur lorsque le feu lui brûla les doigts. Elle se retrouva éclairée uniquement par la faible lueur de sa broche. Mya banda son arc, et avança prudemment de quelques mètres. Au détour d’un mur, une sorte de gros serpent glissa d’un bout à l’autre de la pièce. La créature sifflait et pointait ses yeux jaunes sur elle. Mya put discerner quatre bras, certains armés de lames recourbées, mais pas de jambes. Le monstre rampait en zigzaguant dans sa direction. Elle essaya de le viser, mais la créature était trop rapide. Elle était désormais trop proche pour que son arc de bataille soit efficace. La sueur perlant à son front, elle tenta de tirer une dague de sa ceinture. Trop tard! Le monstre fondit sur elle, et elle ferma instinctivement les yeux, se préparant à accueillir la mort. Le sifflement de l’acier contre la chair retentit tout proche de ses oreilles. Mya rouvrit les yeux. La créature gisait à ses pieds, proprement coupée en deux morceaux. Axthor lui adressa un regard et rengaina son épée. C’était la première fois qu’il la voyait en si fâcheuse posture. Sachant qu’il n’aurait rien à gagner en lui faisant une remarque, il se contenta de prendre un petit pain dans son sac. Il le coupa en deux comme s’il s’était agit d’un autre monstre, et lui en tendit une moitié. Il lui restait encore une gourde d’eau, et il ne savait pas combien de temps allait durer leur expédition. Axthor ne doutait pas des capacités de Mya. Chaque jour il en apprenait davantage de cette fille étonnante, la meilleure guerrière qu’il ait jamais connu, et pourtant il l’avait rencontré même pas une semaine auparavant. Il ne ferait pas l’erreur de la sous-estimer, comme l’avaient fait quelques malheureux lors de son dernier repas à l’auberge. Mya n’avait pas que ses talents à l’arc pour elle, et les deux bougres l’avaient remarqué. Elle sembla répondre à leur cour dans un premier temps, mais une fois sorti de l’auberge, ils eurent tôt fait de découvrir sa botte secrète, et n’oseraient certainement plus approcher une femme pendant quelque temps! Axthor ne voulait que l’argent lorsqu’il s’était décidé à se lancer à la conquête de l’Enfer, et quand il apprit que Mya elle aussi s’y rendait, il préféra lui proposer de s’allier. Elle accepta mais depuis, elle n’avait pas fait preuve d’une grande volonté à communiquer. Toutefois elle s’était montrée loyale, quoique peu encline à l’attendre lorsqu’il s’arrêtait à la recherche de quelque trésor caché. Peut-être changerait-elle d’attitude, car cette fois il s’en était fallu de peu.

ya avala une dernière bouchée de pain, ramassa son arc et se remit en route. Axthor restait à son côté, sa fidèle épée prête à mordre à nouveau la chair. De nouvelles créatures serpentines firent leur apparition. Leurs déplacements rapides ne leur étaient d’aucune utilité contre Axthor, qui en neutralisa plusieurs sans faiblir. Mya analysa rapidement leurs évolutions, et lorsqu’un nouveau groupe de monstres surgit, les flèches volèrent et toutes atteignirent leur cible. Les deux combattants ne purent retenir un hoquet d’horreur lorsqu’ils pénétrèrent dans une pièce ou s’amoncelaient les corps humains sauvagement empalés sur des pics. Cet endroit s’appelait l’Enfer et méritait son nom. Plusieurs monstres profitèrent de leur stupéfaction et se jetèrent dans leur dos. Axthor se retourna et en trancha deux d’un magnifique mouvement de sa lame. Les deux autres l’attaquèrent au corps à corps. Axthor para la charge et planta son épée dans la gueule d’une créature. L’autre saisit l’ouverture et lança ses armes contre le guerrier, le touchant au bras. Mais Mya était à l’affût. Son arc rendu inutile si elle ne voulait pas blesser son compagnon, elle récita quelques incantations. Un halo lumineux enveloppa Axthor, à la surprise du monstre. Le guerrier sentit ses chairs régénérées par le sort de guérison, et prenant à son tour la bête par surprise, il la déséquilibra d’un coup de bouclier avant de l’achever. Il allait la remercier mais de nouveaux monstres arrivèrent, ne leur laissant aucun répit. L’arc et l’épée chantèrent de nouveau, et rien ne semblait pouvoir enrayer l’avance des deux aventuriers.

apidement, les serpents maléfiques se firent plus rares. Axthor et Mya se séparèrent pour éliminer les derniers. Il n’était pas question de laisser des ennemis derrière eux. Si la tâche était difficile, Axthor s’émerveillait des quantités de trésors éparpillés dans le labyrinthe. Non seulement les stocks d’or paraissaient illimités, mais de nombreux coffres contenaient des objets enchantés de grande valeur. Une fois que tout cela serait fini, il serait bon qu’il revienne ici récupérer ce qu’il ne pouvait emporter sur le moment.  Mya et le guerrier se retrouvèrent devant l’entrée d’un nouvel escalier. Il avait été bâti à l’aide des gigantesques ossements de quelque créature disparue, et son allure sinistre ne présageait rien de bon. Après une courte pause, les compagnons s’engagèrent dans l’escalier, revitalisés par les potions que leur avait vendu le guérisseur du village. Cette fois la descente fut bien moins longue, et ils eurent tôt fait d’aboutir dans une nouvelle salle, obscure et silencieuse. Mya profita du calme pour réparer quelques unes de ses précieuses flèches, et vérifier que son arc était bien tendu. Pendant ce temps, Axthor alla inspecter les environs. Le silence était rassurant, les monstres ne semblaient pas avoir envahi cette partie du donjon. Axthor remarqua une douce lueur rosâtre à quelques mètres de lui. Un agréable parfum semblait rafraîchir l’air dans cette direction. Le guerrier remarqua une forme humaine recroquevillée près d’un mur. Il tira son épée et s’approcha doucement. L’être leva la tête. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il s’agissait d’une femme, au visage magnifique, dévoré par des yeux immenses. Elle se leva avec grâce. Axthor sentit le sang lui monter aux joues. La belle chevelure noire de la fille retomba sur ses épaules nues. A vrai dire, elle était entièrement nue. Une beauté ensorcelante exhalait de ses formes généreuses. Elle s’approcha doucement du guerrier, murmurant quelques appels; Axthor lâcha son épée, en entendant sa voix sortie d’un songe. La femme vint lui caresser les épaules, et esquissa un sourire. Elle fit quelques rapides mouvements de ses mains et une lueur rouge vif se matérialisa entre ses paumes. Axthor était trop hypnotisé pour réagir. La lueur devint une boule d’énergie magique pure. Elle ouvrit la bouche en une grimace, révélant ses crocs acérés.  Un trait perça l’obscurité. Axthor regarda les yeux écarquillés le visage, qui n’était plus que vaguement féminin, une flèche plantée juste entre les deux yeux. Le charme était rompu. Ses bras se firent flasques et elle lâcha prise, tombant à ses pieds. Mya lui donna une bourrade, le rappelant définitivement dans le monde réel. Elle retira la flèche du cadavre et la remit dans son carquois. Elle lui lança un sourire amusé; elle vit à quel point le guerrier se sentait ridicule. Elle se dit que son armure étincelante avait finalement quelques failles, mais cela ne faisait à ses yeux que renforcer le charisme du guerrier. Peut-être était-il différent des autres hommes. Le temps n’était pas à la rêverie, elle se rappela qu’elle était une soeur de l’Oeil Aveugle, et que rien ne devait la dérouter de sa quête. Elle regretta d’avoir entraîné Axthor dans cette aventure, qui n’avait rien à voir avec l’argent ou le pouvoir. Mais il était trop tard pour faire marche arrière. Mya banda son arc et progressa à pas mesurés dans le couloir. D’autres succubes émergèrent de l’obscurité. Les démonettes savaient que leur charme n’aurait plus de prise sur ces deux humains, et se préparèrent à attaquer. Axthor prit d’une rage vengeresse se jeta sur elles et n’en fit qu’une bouchée, tandis que Mya s’évertuait à contrer leurs attaques magiques. Grâce à elle, Axthor s’en sortit totalement indemne. Dans la salle gardée par les créatures, elle trouva sa récompense. Un arc somptueux n’attendait qu’elle, reposant depuis des centaines d’années sur son râtelier. L’archère le décrocha avec soin. Une puissance jusqu’alors inconnue envahit ses membres. Après toutes ces années, la corde était intacte, et le bois d’une souplesse idéale. L’arme était merveilleusement équilibrée. Mya se sépara sans regret de son ancien arc de batailles. Axthor l’attendait patiemment. Ils reprirent leur avancée. Un groupe de créatures leur tendait une embuscade au détour d’un mur. Mya cria à Axthor de se replier. Il y en avait facilement cinq ou six. L’archère mit une dizaine de mètres entre les monstres et elle. Elle prit deux flèches et tira. Sa surprise égala presque la surprise des succubes. Une fois lancées dans les airs, les projectiles se métamorphosaient en décharges lumineuses, qui venaient frapper les créatures avec une force inouïe, projetant de petits éclairs dans toutes les directions. Les créatures hurlèrent de frustration et tombèrent les unes après les autres en quelques secondes. Mya, haletante, contempla son oeuvre avec satisfaction. Axthor s’approcha tout sourire et ramassa quelques pièces d’or traînant autour des cadavres. Mya le prit comme un compliment.  Pourtant ils n’étaient pas au bout de leurs surprises. Tandis qu’Axthor était occupé à ramasser l’or, le sourire de Mya se changea en une expression d’horreur. Par chance, elle eut le réflexe d’avertir le guerrier à temps. Une énorme créature rouge vif à l’apparence d’un taureau progressait dans son dos. Axthor roula à terre pour éviter la gigantesque cimeterre lancée contre lui. Le souffle brûlant du monstre manqua de l’étouffer. Il se releva tant bien que mal, mais dut lever la tête pour faire face à son ennemi, qui faisait près de trois mètres de haut. Des ailes immenses battaient l’air dans son dos, rabattant vers le guerrier son odeur infâme. Le monstre chargea. Axthor se jeta entre ses jambes et attrapa une de ses ailes. Mya l’identifia sans mal, se souvenant des récits de son père. C’était un Balrog, une des créatures les plus puissantes des dieux démoniaques. La bête s’agita dans tous les sens, essayant de désarçonner le guerrier. Celui-ci s’accrocha de toutes ses forces à l’aile, déchirant le cuir. Mya vit qu’il ne tiendrait pas longtemps. Elle visa le Balrog, s’appliquant à le toucher sous un angle où elle ne risquerait pas d’atteindre son allié. Elle tira. Le monstre hurla de douleur lorsque la décharge vint frapper sa poitrine, mais ce ne fut pas suffisant. Axthor profita de ce répit pour escalader le dos du monstre. Le prenant par le cou d’une main, il tira serra son épée de l’autre, et trancha la gorge du démon. Il se retrouva par terre dans un tas de cendre, son armure fumante, lorsque le monstre s’embrasa en hurlant et se désintégra, son esprit maléfique condamné à une éternité de tourments dans le royaume de ses maîtres. Mya tendit la main à Axthor et l’aida à se relever. il s’épousseta, puis vérifia que sa lame n’avait pas souffert. Se sentant assez fort pour surmonter tous les périls, il embrassa Mya avant de ramasser son bouclier et de repartir à l’assaut. Mya resta plantée comme un piquet, sidérée par l’audace de son compagnon.

a lutte contre les Balrogs mettait les compétences d’Axthor à rude épreuve. Il en avait appris plus en combattant ces créatures quelques minutes qu’en plusieurs années d’entraînement. C’était fort étonnant de voir ce guerrier dans sa lourde armure virevolter et tournoyer en frappant impitoyablement ses adversaires. Sa fougue l’emmenait parfois dans des situations impossibles, mais Mya veillait au grain, aidée dans ses tirs par la taille énormes des monstres. Et Axthor avait bien besoin de son aide pour combattre les succubes, qui s’appliquaient toujours à rester hors de portée de ses coups d’épée. Elle s’appliquait aussi à éviter de désagréables surprises à son ami lorsqu’il voulait ouvrir des coffres piégés par de prudents sorciers. La soif de l’or n’était pas le plus petit défaut du guerrier, qui ne s’en cachait d’ailleurs pas. Mya ne savait pas trop où elle allait, pourtant insensiblement elle succombait à son charme.  Les gardiens démoniaques de cette partie du labyrinthe avaient été vaincus. Les aventuriers soignèrent leurs plaies, se restaurèrent un peu, et partirent d’un commun accord à l’attaque de la suite.  Cette fois la menace se fit plus directe. De grands guerriers en armures d’un éclat immaculé assaillirent Axthor et Mya. Les esprits rappelés après leur mort de chevaliers déchus. Leurs voix d’outre-tombe proféraient menace et malédictions à l’encontre des deux compagnons. Mya lança une salve de flèches mais la plupart ricochèrent sans dommages sur l’armure des chevaliers. Ils brandissaient des épées plus grandes qu’un homme, qui rougeoyaient en sentant venir le carnage. Axthor engagea le combat. Mais il ne pourrait venir à bout des démons tout seul. Mya tenta de se concentrer malgré le vacarme qui l’entourait. Un chevalier fondait sur elle dans un cliquetis de métal retentissant. Un globe d’étincelles entoura l’archère, qui pointa la main vers son agresseur. L’énergie magique convertie en électricité se libéra d’un coup dans un vrombissement assourdissant. Mya vit les yeux rouges vifs du chevalier se remplir de stupeur au fond de son heaume, puis le l’essence du démon s’évapora spectaculairement par tous les interstices de son armure. Il ne resta plus qu’un petit tas de métal par terre. Mya regarda autour d’elle. Axthor la regardait d’un air ahuri; il était entouré des restes de l’équipement des autres chevaliers. Mya, tout aussi surprise que lui de la puissance de ce sort qu’elle utilisait pour la première fois en situation de combat, ne put retenir un éclat de rire.  Ils reprirent leur périple, Axthor attaquant à l’épée, Mya déployant des trésors d’ingéniosité pour guider ses flèches vers les articulations des chevaliers, seuls points faibles de leur carapace. Lorsque la situation devenait trop difficile, Mya ordonnait à Axthor de se mettre à couvert, et déchaînait des flots d’éclairs bourdonnants sur l’ennemi. Pourtant jamais les forces d&eacutemoniaques de ne démoralisaient, habitées qu’elles étaient par quelque soif vengeresse habilement attisée par leurs maîtres. Au fond d’elle-même, Mya sentait pourtant qu’elle approchait du but, les vents magiques que toute personne habituée à la magie pouvait ressentir se faisaient de plus en plus forts.

lors que les courageux combattants avançaient dans le labyrinthe, une soudaine accalmie des assauts les intrigua. Les monstres se repliaient-ils? En effet, quelques dizaines de mètres plus loin, un contingent de chevaliers les attendait de pied ferme, devant les portes d’une petite chapelle. Le combat s’engagea. Axthor se battait comme un lion et Mya faisait pleuvoir les flèches autour d’elles. Ils étaient tous deux trop occupés pour remarquer l’étrange pentagramme luisant faiblement qui était gravé à leurs pieds.  Mya finit par invoquer la protection d’un bouclier magique pour dévier les coups des chevaliers, qui étaient trop nombreux pour qu’elle les abatte tous avant qu’ils arrivent au contact. Elle fit appel à de nombreux sorts pour garder sa concentration, car elle devait en même temps lancer régulièrement des sorts de guérison pour aider Axthor. Profitant de l’ouverture laissée par l’élimination d’un chevalier, elle se glissa hors du cercle de ses agresseurs, et lança la foudre contre eux, les terrassant instantanément. Elle banda son arc et abattit deux autres démons engagés en combat contre Axthor. Des piles de pièces d’armures bien trop grandes pour les humains gisaient autour d’eux. Le guerrier s’en était bien tiré. Mya était indemne mais épuisée par ses eforts pour contrôler sa magie. Mais elle ne s’arrêterait pas si près du but. D’un air décidé, elle enfonça la porte de la chapelle. Plusieurs sorciers dans un rituel de sacrifice s’interrompirent. Axthor remarqua l’enfant égorgé sur l’autel, peu-être était-ce le fils du roi, disparu récemment et pour lequel une forte prime était offerte. Un grand sorcier vêtu d’une robe bleu nuit les foudroya du regard. “Vous arrivez trop tard pour sauver l’enfant. Abandonnez votre quête stupide! Tout ce que vous gagnerez est la colère de mon maître!” Les sorciers déchaînèrent sur eux les feux de l’Enfer. Axthor et Mya s’abritèrent derrière les battants des portes de la chapelle, qui tombèrent en cendres. Mya répliqua et invoqua un sort offensif en réponse. Peut-être la fatigue lui avait-elle fait perdre de sa concentration. Elle n’avait pas senti venir le chevalier derrière elle, qui brisa sa protection magique d’un coup de son épée et la projeta à terre, inconsciente. Axthor lança un cri de fureur et s’élança épée en avant contre le monstre. Celui-ci, s’apprêtant à porter le coup de grâce à l’archère, fut surpris par son assaut. L’épée du guerrier traversa son armure de part en part avant que le démon comprenne ce qui lui arrivait. Axthor était maintenant à découvert. Les sorciers le prirent pour cible. Il se jeta à terre pour éviter les boules de feu, roula, se releva, et plongea dans le temple. Il terrassa un des monstres d’un revers de son épée. Il fonça sur un autre. Celui-ci vit le coup venir. Quand Axthor frappa, le mage avait disparu dans un nuage de fumée. Une boule de feu le frôla et alla éclater contre le mur, l’aveuglant presque. D’instinct, il parvint à esquiver l’attaque suivante. Il se jeta à nouveau sur un sorcier. Une fois encore, il tapa dans le vide.  Mya se releva péniblement. La chaleur était étouffante. La porte du temple achevait de se consumer. A l’intérieur le combat faisait rage. Mya s’approcha en boitillant. Axthor traversait la pièce encore et encore pour tenter de mettre la main sur les sorciers. Mya saisit le piège. Ils utilisaient des sorts de téléportation pour se mettre hors de portée du guerrier. Son armure était roussie en de nombreux points. Mya tenta d’invoquer un sort de guérison. Elle échoua. Axthor levait son épée contre le sorcier en robe bleue. A cet instant, son armure s’embrasa, et il tomba à terre en émettant un râle d’agonie. Mya hurla. La haine la dévora soudainement, elle ne pouvait le croire. Animée par sa seule volonté de venger le courageux guerrier, elle déchaîna sur les mages un torrent de flèches. Deux d’entre eux n’en réchappèrent pas. Sentant le vent tourner, les deux survivants se téléportèrent hors du temple. L’un de fut pas assez rapide. Il fut atteint par le sort de pétrification et devint alors impuissant devant la rage déployée par l’archère, d’apparence pourtant si fragile. L’autre était hors de vue. Mya s’approcha de son compagnon. Il était bien mort, son beau visage défiguré par le feu. Le seul être qu’elle avait jamais aimé.  Elle se releva, la flamme de la vengeance toujours vive dans ses yeux. Elle sortit de la chapelle. Le sorcier renégat l’attendait. Mya contra deux boules de feu qui volèrent s’écraser au loin. Le mage expert ne laisserait pas passer une attaque frontale. Elle fit mine de vouloir se mettre à couvert. Le sorcier invoqua un sort censé l’achever. Mais derrière lui, la terre s’animait en réponse à quelque incantation millénaire. Le Golem de pierre abattit son énorme poing sur le sorcier. Le coup l’affaiblit et le déconcentra. Tandis qu’il se préparait à affronter ce péril inattendu, Mya l’atteignit en quelques bonds gracieux. Si un habitant des tunnels s’était trouvé là par inadvertance et avait vu la fine silhouette poignarder sauvagement le démon, il aurait tourné les talons sans demander son reste. Le puissant sorcier ne put rien faire d’autre que d’accueillir la mort. Jamais il n’aurait cru qu’elle viendrait d’une femme qui aurait tout aussi bien pu faire le service de l’auberge royale. C’est sur cette pensée humiliante qu’il quitta définitivement le plan mortel, prêt à affronter la colère du Dieu de la Terreur en personne.  Mya lâcha sa dague maculée de sang, et se laissa tomber à terre, la tête entre les mains.

es violentes rafales de vents magiques rugissant dans la tête de Mya la firent réagir. Quelque chose d’anormal se produisait. Peu à peu, les sceaux de protection installés par le sorcier maléfique s’amenuisaient. Soudain, une tempête d’énergie se déchaîna devant la chapelle. Des flots lumineux multicolores sortaient du sol et s’éparpillaient au plafond de la voûte à toute allure. Lorsque ce fut fini, l’immense pentagramme gravé dans le sol se mit à irradier. Les volutes de fumée et sa texture ondulante ne laissaient guère de doutes sur sa nature. Mya s’approcha du portail magique. Elle ramassa un débris et le jeta dedans. La pierre disparut dans un “floc!” La jeune femme savait que son destin l’attendait là en bas. Rien ne la retenait dans ce monde. Elle ferma les yeux et fit un pas en avant.  Elle se réveilla dans une alcôve aux décorations gothiques. Elle se demanda quelle heure il était. Depuis son entrée dans les sinistres catacombes du labyrinthe, elle avait perdu toute notion du temps. Pas de jour, pas de nuit, aucune étoile pour la guider, juste les ténèbres. Mya saisit ses armes et avança vers l’escalier d’os. Celui-ci débouchait sur un vaste couloir. Un murmure indistinct semblait émaner des parois de roche. Les chevalier en armure vinrent à sa rencontre. Ils agitèrent leur armes menaçantes pour lui interdire le passage. Mya banda son arc et en abattit plusieurs avant qu’ils ne réalisent qui était l’intrus. Mya esquivait habilement leurs attaques, mais les démons lui courraient après inlassablement, insensibles à la fatigue. Dès qu’elle était hors de portée, quelques flèches volaient vers eux, éclaircissant leurs rangs. Le temps jouaient contre eux cette fois. Bientôt plus aucun ne se dressait pour lui barrer la route. Mya avança. Un chevalier dont l’armure brillaient intensément l’attendait un peu plus loin. L’archère se demanda quel grand guerrier il avait dû être avant que la sorcellerie ne le corrompe. Sir Gorash lança deux de ses sbires sur l’inconnue qui menaçait son Dieu. En une fraction de silence, ils furent réduit au silence. Impressionné, Gorash se prépara à ce duel contre un adversaire de valeur; il l’attendait depuis si longtemps. Il fondit sur elle. Mya tira, mais le bouclier du chevalier semblait animé d’un esprit propre et para toutes les flèches. Elle se jeta entre ses jambes, roula et se releva dans son dos, brandissant son arc. En un éclair, le chevalier déchu se retourna et lui assena un violent coup de coude. Mya se retrouva par terre. Les yeux rouges de son agresseur se plissèrent, et il abattit don épée sur elle. Elle roula juste à temps pour l’éviter. Elle bondit et dégaina sa dague à une vitesse fulgurante, touchant le monstre à l’épaule. Les deux ennemis se firent à nouveau face. Mya attaqua à nouveau et blessa Gorash à nouveau. Sa réplique fut terrible, portée par une rage destructrice. La dague de Mya vola dans les airs, brisée en deux. Elle hurla de douleur lorsque l’épée mordit la chair de son poignet. Mais son adversaire avait commis une erreur. Sa lourde épée était fichée dans le sol. Il ne lui fallu pas longtemps pour lé dégager, mais Mya n’en demandait pas plus. Lorsqu’il se redressa, une flèche était pointée sur son heaume, impitoyable. Le trait fendit l’air à toute vitesse, ne lui laissant aucune chance. L’armure du chevalier vola en éclat, son esprit happé par le royaume des morts. Une couronne heurta le sol dans un bruit métallique, et rebondit aux pieds de l’archère. Elle ramassa l’objet. Elle examina la lourde couronne de guerre, surprise. Malgré de nombreuses années passées au service du mal, elle semblait immaculée et de puissants enchantements lui donnaient des reflets magnifiques. Mya la posa sur sa tête. Elle s’était préparée à un effort, mais la lourde couronne parut au contraire l’alléger. Elle se sentit revigorée, malgré son poignet meurtri. Le mythique Cerclet Royal avait enfin été retrouvé.

ien ni personne ne venait à bout de cette chétive humaine. Pour la première fois depuis bien longtemps, le Dieu de la Terreur douta.  Cette fois elle y était. Mya déclencha le verrou magique qui scellait l’entrée du repère de Diablo. Immédiatement, des nuées d’avocats du mal se dispersèrent autour d’elle. Pourtant ils ne purent rien contre elle. Son ardeur croissait à mesure qu’elle se rapprochait du but. Son arc fut sans merci pour les sombres sorciers. Les derniers gardiens de Diablo surgirent. Mya voulut en finir. Elle appela un torrent de flammes, magie sous sa forme la plus dévastatrice, et les guerriers furent engloutis. Mya se jeta résolument dans la gueule du loup.  La plupart des mortels auraient perdu la raison en voyant face à eux l’incarnation du Mal. Mais Mya n’était pas - n’était plus - le commun des mortels. Elle maudit la créature de plus de quatre mètres hérissée de cornes qui se dressait devant elle. Diablo ne connaissait aucun langage, à part celui de la guerre. Il se contenta d’attaquer. Le sol sous Mya devint incandescent et elle eut juste le temps de s’écarter du brasier qui monta soudain lécher le plafond. Elle fut entourée d’explosions de flammes. Prenant le monstre de vitesse, elle décocha deux flèches qui atteignirent leur but. Diablo ne sembla pas affecté. Il chargea à une vitesse surprenante. Mya lança un rideau de flammes que le monstre traversa négligemment. Il lança ses mains contre elle, elles frappèrent tout près de son visage. Le souffle la projeta au sol. Alors qu’elle luttait pour reprendre ses esprits, la main répugnante du Dieu la souleva. Le contact la brûla et elle eut un moment de panique lorsqu’elle se retrouva au niveau des yeux jaunes malveillants. Les doigts gigantesques se refermèrent sur elle, et Diablo eut l’équivalent d’un sourire lorsqu’il entendit les cotes craquer et ce qu’il prit pour un gémissement de douleur. Tétanisée, Mya trouva la force d’invoquer un ultime sort. Diablo fut ébranlé par un coup dans son dos. Il lâcha prise. Il se retourna pour découvrir la pitoyable créature qui lui faisait face. Un Golem de pierre. Le Dieu ne négligea pas cette assaillant, et l’écrasa d’un coup. Mya avait profité de ce répit pour ramper en arrière. Le monstre en avait fini avec le golem. Son répit était terminé. Elle invoqua un sort de guérison et se releva, tremblante. Le monstre l’avait localisée et chargeait à nouveau. Mya le cribla de flèches pendant son approche. Diablo rugit à chaque impact, sentant une parcelle de son immense énergie le quitter à chaque fois. Il allait aplatir celle qui avait osé le défier! Il hésita un bref instant en voyant les flammes apparaître entre les mains de l’archère. Un instant de trop. Une boule de feu l’atteignit en pleine face, le stoppant net. Il battit des bras dans le vide pour écarter le feu et la fumée. Lorsqu’il put voir à nouveau, l’archère n’était plus devant lui. Il mugit de douleur à la morsure d’une flèche. Fou de rage, il se précipita sur Mya. Il leva son poing. Mya ne fut pas assez rapide. Les deux opposants furent aussi surpris l’un que l’autre par ce qui se produisit. Le poing de Diablo s’abattit sur son crâne. Le monstre hurla de douleur en touchant le Cerclet Royal, brûlé par sa pureté. Mya sentit à peine le choc. La couronne émettait une vive lumière blanche, aveuglant Diablo. Mya en profita pour se remettre hors d’atteinte, chancelante. L’espoir lui revint. Elle canalisa l’énergie magique qui s’exhalait sans discontinuer de sa couronne. Cet afflux de puissance se substitua fort bien aux vents magiques qu’elle n’avait plus la force d’appeler. Une pluie de boules de feu frappa le Dieu de plein fouet. Le monstre hurla. Mya fit appel à la télékinésie et arracha l’épée énorme d’un des cadavres de chevaliers. L’épée plongea sur Diablo, lui déchirant la poitrine. Le sang des innombrables victimes du Dieu de la Terreur se répandit à terre, le vidant de son essence divine. Le corps gigantesque tomba par terre inerte. La pierre d’âme qui retenait l’esprit affaibli de Diablo apparut enfoncée dans son crâne. Mya s’approcha lentement, fascinée par la lueur rouge. Elle dégagea la pierre du corps, qui tomba en poussière, privé de toute énergie, révélant le corps du malheureux dont le monstre avait chassé l’esprit pour y élire domicile.  Sa quête n’était pas tout à fait achevée. Il fallait une protection suffisamment forte pour empêcher Diablo de resurgir. Rien ne le pouvait de ce côté-ci du monde. La pierre devait être apportée à l’Est lointain, où de puissants mages pourraient peut-être la détruire. Il faudrait la transporter jusque là-bas. Mya regarda la pointe aiguisée du joyau luisant. Plus personne ne la retenait dans cette contrée.