PREFACE
Tiens, une préface... Voilà qui est étrange, surtout
que c’est moi qui va écrire cette préface, et qui va continuer
à raconter des conneries après. Enfin bon...
Sans doute savez-vous que personne ne lit les préfaces. D’ailleurs
peut-être que vous le savez déjà et que vous ne lisez
pas celle-ci d’ailleurs, auquel cas je parle tout seul. Peut-être
aussi que vous ne le savez pas, mais que vous ne me lisez pas quand-même.
Là je ne peux rien faire pour vous, vraiment. Moi, personnellement,
je les lis très rarement. Peut-être que c’est très
intéressant, mais tant pis. Du coup, c’est cool, paskeu dans les
préfaces, on peut écrire absolument n’importe quoi, du style
ortograf’ simplifié la kom’ça t’voua. Cé bin l’ortograf’
kom sa avek dé fot’ é dé k toupartou. On peut aussi
écrire des trucs subversifs comme: votre famille vous déteste,
ils ont tous des projets pour vous détruire. Ils veulent votre perte,
vous n’avez pas d’amis, la police est en grève. Il y a une tronçonneuse
dans le garage. Dans la caisse avec marqué Huskvarna. Non, j’déconne,
partez pas. Dans le même genre, on peut faire dans l’influence, vous
savez: votez pour moi votez pour moi votez pour moi votez pour moi votez
pour moi.... Ou alors le subliminal:
--- - -- - --- - -
Là vous ne vous êtes pas rendu compte mais je viens de
vous envoûter pour les 25 années à venir.
Mais le pied intégral, c’est quand personne regarde, là
tu peux écrire:
reghneoriaptç’^’hgç_zjà^vgjç’()t,verçàjqfq$*ql’à
^ùeglms^tj(çàgjàç-(jy’jngçog_çgh’(_yç(i_hgjàr^g(‘87g78’(7-9bgt8-7+’(4ygegjs’(_çtkg’t9z’7g+(e4tz"9+BNI5JYBPI5ÏY056?J))otrpogk’(çà(‘578(9(yrui_’çj9EJI5M49TKK>JY5690YJS’jngne.
... par exemple. D’ailleurs y’a des trucs super-marrants sur un clavier,
du style @, ou ¤ ou §,
±, *, å, enfin plein de trucs quoi.
Vous noterez quand-même que je n’ai pas mis une seule fois le
mot Pingouin dans cette préface. Ah, si, là, à l’instant.
J’ai perdu. Ben merdalors.
DANS LA FORET PROFONDEU, ON ENTEND LE PINGOUIN. MIP MIP ! MIP MIP !
Quelque part dans un coin reculé de l’Empire Pingouin, un petit Pingouin vient de naître. Il s’appelle Mip Miap. Sa mère le nourrit jusqu’à l’âge de quatre ans et l’envoie ensuite dans un centre de maturation dans la capitale de sa planète natale, Kaledan. En effet, élever un jeune Pingouin est loin d’être une tache facile, car il devient dangereux dès que ses premières dents commencent à pousser, d’autant plus que Mip Miap est orphelin, sa mère ayant massacré le reste de sa famille avant sa naissance (rassurez-vous, c’est très fréquent chez les Pingouins). De nombreux jeunes Pingouins vivent dans les centres de maturation. Ils ont une totale liberté pour se battre entre eux, mais les morts sont rares, car leur bec n’est pas encore assez développé pour provoquer des blessures sérieuses. Mip Miap obtint de très bon résultats puisqu’il sut se faire respecter des autres. A son examen, il eut 17/20 en combat, 15/20 en intimidation, et 15/20 en tactiques de combat. Il sortit premier de sa promotion, et se vit offrir par l’académie un vaisseau spatial pour se rendre sur la célèbre planète d’embrigadement des Unités d’Elite Pingouine (ou UEP), Imperia Prime. Il fut intégré dans le 435e détachement de "jeunes crocs" de la 34e armée Pingouine. Il s’entraîna pendant quelques mois au maniement de la mitrailleuse et du couteau, profitant de son temps libre pour piloter son vaisseau.
Lorsqu’il eut vingt ans, il fut convoqué avec le reste de son unité par le Grand Croc (...me cric), et reçut son premier ordre de mission
I’M KILLING IN THE RAIN !
Le front des Pingouins sur le 32e secteur du 124e quadrant avait besoin d’être renforcé. D’odieux extra-Pingouins, les Arkanians, menaçaient de percer les lignes de défense, et les contingents Pingouins déjà sur place avaient les plus grandes difficultés à résister aux assauts des Kroxigors, d’énormes masses de muscles et de nerfs. Une flotte de transports Pingouins allait appareiller, et Mip Miap serait intégré aux unités de Scouts.
Le jour du départ, Mip Miap se rendit à l’orbitoport d’Imperia Prime, et pénétra dans une navette de mise en orbite, accompagné de centaines d’autres Pingouins. De nombreuses navettes montaient vers le ciel et se dirigeaient vers une tache noire dans le ciel verdâtre de la planète. La navette de Mip Miap décolla bruyamment et s’éloigna d’Imperia Prime. Alors que la navette entrait dans les plus hautes couches de l’atmosphère, Mip Miap put voir ce qu’était la tache noire. Un grand vaisseau en forme d’ogive était là en position d’attente, c’était un transport Pingouin. Il réalisa alors que le navire de guerre était bien plus loin de la planète qu’il l’imaginait. Rapidement, la navette se rapprochait du monstre d’acier, et sa surface couvrit bientôt tout le champ de vision de Mip Miap. Il distingua alors les contours d’une station de ravitaillement, un complexe orbital de plusieurs kilomètres de long, mais qui semblait être ici un pique-boeuf sur quelque rhinocéros volant (hum... désolé). En fait, une dizaine de stations étaient arrimées au colosse et rechargeait ses réservoirs d’air et d’eau. Toute la flotte d’Imperia Prime était ici pour protéger et préparer le transport. La navette était maintenant à quelques kilomètres du vaisseau et Mip Miap commençait à discerner des structures comme les baies d’accueil ou les réservoirs additionnels. Puis la navette se ralentit et se présenta à une baie, ouverture lumineuse d’une centaine de mètres de large, gardée par deux tourelles grandes comme des immeubles. De petites décharges bleues parcoururent les vitres de la navette quand celle-ci franchit le champ de stase qui empêchait l’air de s’échapper du hangar, puis il y eut un léger soubresaut et l’appareil s’immobilisa le long d’un pont d’embarquement. Mip Miap et les autres descendirent. L’air était frais, et on pouvait percevoir le bruit incessant des allées et venues de petits vaisseaux s’affairant dans le hangar. A peine les Pingouins furent-ils descendus que la navette se désarrima et repartit chercher une nouvelle cargaison. Le groupe de Pingouins fut dirigé vers les quartiers d’habitation. On leur passa un film expliquant la vie à bord du navire, les heures des repas, la place des infrastructures de loisirs et d’entraînement, et la conduite à avoir. Mip Miap fut un peu déçu par les consignes obligeant à ne pas tuer ses voisins de chambre, mais un ordre est un ordre, et on ne devient pas quelqu’un d’important si on ne respecte pas les ordres. Le voyage vers le front devait durer environ une semaine, après quoi ils seraient acheminés (enfin) vers le champ de bataille.
Mip Miap passa le premier jour à visiter les environs de sa chambre. Il fut assez surpris de constater que l’intérieur du vaisseau ressemblait assez à une ville ordinaire, si ce n’est qu’on ne voyait pas le ciel, mais l’intérieur était très lumineux et vivable. Les centres de loisirs ressemblaient à d’immenses amphithéâtres parsemés de plantes, de néons et d’ascenseurs rapides. Les salles d’entraînement étaient remarquablement équipées, si on excepte que les fusils tiraient des balles à blanc et que les armes blanches étaient rendues inoffensives. Mip Miap avait bien envie d’enlever les protections au bout du couteau de combat, mais il vit un de ses congénères passer à l’acte. Il trancha la gorge de deux Pingouins sidérés, puis le service d’ordre fit son apparition, le neutralisa au fusil engourdissant, et le traîna dehors en le sermonnant. Mip Miap s’abstint donc de l’imiter.
Deux jours avant l’arrivée sur les lieux de la guerre, Mip Miap et ses voisins de chambre furent convoqués et on leur apprit qu’ils seraient affectés à la même escouade de scouts. Mip Miap reçu le rôle de simple scout, et un grand Pingouin baraqué (pour un Pingouin) reçu le rôle de sergent. Il s’appelait Miiip et avait le regard peu inspiré. Les escouades de scouts se composaient de six jeunes Pingouins, équipés de carabines silencieuses et d’émetteurs radio. Ce rôle était réservé aux Pingouin inexpérimentés, car les autres n’aimaient pas les armes silencieuses et sans recul. Mais c’était une étape obligé pour les jeunes crocs.
Finalement le vaisseau arriva à destination. Il était proche de la planète Issiria, un ancien monde Arkanian situé à la frontière des deux Empires, et qui était un emplacement stratégique pour pouvoir attaquer le reste de l’Empire ennemi. Des Kroxigors tenaient le monde, et la planète était trop bien située pour être kahnée. Miiip et son escouade avait pour mission de confirmer la position d’un camp Kroxigor et de détruire un objectif intéressant tel un dépôt de munitions. Ils opéreraient pendant la nuit, et devraient se replier pour laisser place à l’infanterie lourde une fois les objectifs atteints. A l’heure prévue, tous se rendirent à une barge de débarquement, vaisseau primitifs mais très efficaces pour les déploiements rapides. Une multitude de barges quitta le transport et s’abattit sur Issiria. Mip Miap s’accrocha à son siège pendant la rentrée dans l’atmosphère, car les secousses étaient violentes. La chaleur était insupportable, mais heureusement le calvaire fut de courte durée, et la barge déploya ses aérofreins pour se poser lourdement sur le sol. Un campement fut rapidement organisé autour d’une escadrille de barges, qui se déployèrent en bâtiments de fortune. Mip Miap reçut ses armes, et lui et son escouade reçurent l’ordre de partir immédiatement en reconnaissance. Les scouts se déployaient tout autour de la base, mais il n’y eut aucune opposition, le secteur ayant été sécurisé par un bombardement. Miiip put rapidement conduire ses Pingouins à leur mission. Il les conduisait à bonne allure à travers la plaine, noire et désolée, parsemée de cratères et de ruines, desquelles émergeaient parfois des flammèches témoignant de la violence des combats. En un mot, c’était un vrai paradis pour Pingouins. Oui, je sais, ça fait plus qu’un mot. Or donc, nos Pingouins marchaient vers leur cible depuis environ une heure lorsqu’ils virent des lumières sur leur gauche. Il y en avait deux ou trois qui se déplaçaient en sens inverse des Pingouins. Miiip s’arrêta, et sortit ses jumelles infrarouges. Il s’aperçut que ce n’était pas des Pingouins, et vu leur taille, ce devait être un groupe de Kroxigors. Miiip déclara:
"On va leur péter la gueule !" (c’est une traduction intégrale, sinon ça fait "Mip mip mihip. mip !").
Mais Mip Miap n’était pas d’accord. Il avait lui aussi envie de leur péter la gueule, pardon de les attaquer, mais ce n’était pas leur mission, et ils risquaient de se faire repérer. Il dit donc:
"Moi aussi j’ai envie de leur péter la gueule, mais ce n’est pas notre mission, et en plus ils risquent de nous repérer et de donner l’alerte", car ils risquaient de donner l’alerte. Miiip répliqua:
"Ta gueule Miap, c’est moi l’chef ici, et quand j’donne un ordre, on obéit sans s’poser d’questions." Mip Miap détestaient qu’on l’appelle Miap, et il n’avait pas envie de faire perdre la guerre. Il répondit donc à son chef:
"M’appelle pas Miap, gros (censuré), et puis on va perdre la guerre à cause de tes (censuré)". L’autre se contenta d’un: "Tu veux mon poids dans la figure, Miap ?". C’en était trop pour Mip Miap qui dégaina son couteau et poignarda Miiip. Le sang gicla dans tous les sens, et Mip Miap en fut couvert. Il était très content. Miiip s’écroula par terre avant de comprendre ce qui lui était arrivé. Mip Miap se proclama sergent et pris la tête du reste de l’escouade, qui n’osa rien dire, et ça se comprend. La marche repris donc, et bientôt les Pingouins arrivèrent à ce qui devait être autrefois une forêt. Des troncs et des branches calcinés rendaient la progression plus difficile, et la boussole était souvent nécessaire pour garder le bon cap. Les Pingouins approchaient de leur destination. Ils perçurent bientôt des voix et le crépitement d’un feu. En effet, ils arrivèrent dans une clairière où se trouvait un cercle de tentes au milieu desquelles brûlait un grand feu. Deux grandes créatures discutaient dans un coin, puis elles disparurent sous une tente. Soudain, Mip Miap entendit des branches craquer. Il fit signe aux autres de se mettre à couvert. Une énorme masse de chair émergea des fourrés et passa devant Mip Miap. Ses deux petits yeux luisaient faiblement dans l’obscurité. C’était un Kroxigor, qui effectuait une ronde de surveillance. Il était quatre ou cinq fois plus gros qu’un Pingouin, et laissait dans son sillage une odeur écœurante. Mip Miap vit soudain le Kroxigor s’arrêter. Il eut tôt fait de comprendre pourquoi. Un de ses scouts n’avait rien trouvé de mieux que d’essayer de grimper à un arbre, et il faisait tomber des brindilles et des feuilles mortes sur le Kroxigor en gigotant. Ce dernier leva la tête, émit un grognement de curiosité, et pris le Pingouin dans une de ses grosses mains. Le malheureux eut la bonne idée de ne pas crier, tant il était paralysé de peur. Mais ils allaient être découverts si rien n’était fait. Au moment où le Kroxigor broyait son prisonnier dans son puissant poing, Mip Miap bondit hors de sa cachette, et décocha une balle dans le dos du monstre. Celui-ci se retourna, apparemment à peine gêné. De la bave s’écoulait de sa mâchoire proéminente, et il ouvrit la bouche pour crier, révélant ses crocs jaunes et asymétriques, mais visiblement dévastateurs. La balle logée dans son corps choisit cet instant pour exploser, et le géant fut projeté en avant, la colonne vertébrale brisée. Il s’effondra juste sous le bec de Mip Miap, et le cadavre de sa victime roula hors de son poing. Mip Miap lui logea une deuxième balle entre les deux yeux, histoire d’être sûr qu’il était mort. Les autres se décidèrent à sortir. Il commença à pleuvoir, une averse soudaine de pluie fine qui leur gelait les os. Ils reprirent leur mission. Mip Miap repéra un bâtiment proche de lui et alla voir de plus près. Il s’agissait d’une tente de grande taille, renforcée par des pylônes en bois. En entendant les ronflements qui en sortaient, Mip Miap comprit qu’il pourrait être très intéressant de prendre pour objectif cette tente. Les Pingouins répartirent silencieusement leurs charges autour de la tente, couverts par le bruit de la pluie qui tombait dans les flaques. Ensuite il vit un petit hangar en préfabriqué dans lequel se trouvaient deux véhicules à roues, et des bidons, sans doute de carburant. Deux charges y furent placées, à des endroits soigneusement choisis. Les Pingouins décidèrent que ça suffirait, et le petit groupe se retira vers la lisière de la forêt. Avant de partir, l’un d’eux déposa une petite boîte noire dans un coin sombre. Au moment où ils atteignaient les arbres, un hurlement se fit entendre: un Kroxigor en patrouille venait de les repérer. Mip Miap sortit une télécommande et appuya sur un bouton. Toutes les charges explosèrent en même temps. La tente dortoir se transforma en un brasier terrifiant, et des cris d’horreur en émanait, poussés par les Kroxigors surpris dans leur sommeil. Les deux véhicules bondirent lors de leur explosion, et les débris incandescents mirent le feu au carburant, qui explosa à son tour, répandant l’incendie dans son voisinage. Un autre bouton fut pressé, et la boîte noir s’autodétruit, projetant une fusée rouge vif qui alla éclater dans le ciel. L’alerte était donnée, mais le camp des Kroxigors était localisé. Mip Miap et les autres prirent la fuite dans la forêt, poursuivis par les sentinelles Kroxigors. Les Pingouins avaient cependant du mal à s’extirper des flaques et de la boue, alors que les Kroxigors progressaient à grandes enjambées. Les deux premiers se rapprochaient. Mip Miap et un autre s’arrêtèrent et décochèrent une pluie de balles sur leurs poursuivants. Ils tombèrent avant d’avoir pu réagir, mais d’autres plus nombreux arrivaient derrière. Tous les Pingouins reprirent leur course. Mip Miap et son compagnon faisaient office d’arrière garde, se relayant pour contenir l’ennemi. Mip Miap abattit un autre Kroxigor, et prit la fuite avant qu’il ne soit trop tard, couvert par l’autre, mais celui-ci épuisa son chargeur et s’arrêta pour le remplacer. A peine eut-il terminé qu’un Kroxigor se rua sur lui. Il fut tué par une rafale de balles à bout portant, mais il s’effondra sur le Pingouin qui mourut écrasé. Devant les pertes qu’arrivaient à leur infliger une poignée de minuscules créatures, les Kroxigors suivants dégainèrent leurs fusils à répétition et ouvrirent le feu. Mip Miap était poursuivi par le bruit des impacts de balles dans le sol. Les tirs se faisaient de plus en plus précis quand d’un coup tout s’arrrêta. Mip Miap ne comprit pas pourquoi. Les Kroxigors ne bougeaient plus, l’air pétrifié. Bientôt, une véritable marée noire envahit la ligne d’horizon. Mip Miap devina ce qui se passait, et son intuition fut confirmée lorsque les Kroxigors se mirent à fuir en hurlant. Rapidement, Mip Miap distingua une multitude de soldats Pingouins et les volutes de poussière dégagées par les chars d’assauts. Les Pingouins avançaient bruyamment à travers la plaine, et eurent tôt fait de rejoindre Mip Miap. Celui-ci se laissa glisser jusqu’à l’arrière et se fit remettre une mitrailleuse. Il reçut par ailleurs les félicitations de son commandant de section, et fut autorisé à rejoindre le combat.
Mip Miap se rapprochait de la forêt calcinée où se terraient les Kroxigors. Soudain, les obus se mirent à pleuvoir dans les rangs Pingouins. Les explosions se succédèrent rapidement. Une détonation proche le propulsa par terre et le recouvrit de poussière et de lambeaux de chair. Un bourdonnement venu de l’arrière des rangs monta en puissance. Mip Miap se releva et vit cinq chasseurs Pingouins passer à toute vitesse en rase-mottes, guidés par la lueur vacillante de la fusée lancée par le groupe de scouts, et dont le rouge vif contrastait avec le noir profond de l’atmosphère encrassée par la guerre d’Issiria. Les chasseurs déversèrent une pluie de bombes sur le camp ennemi. L’un deux fut atteint par un tir de DCA et s’abattit dans la forêt, provoquant un éclair furtif et un magnifique champignon de feu. Le tir des canons ennemis diminua d’intensité alors que l’artillerie Pingouine renseignée par les chasseurs commença à faire feu. Mip Miap retraversa la forêt, accompagné de centaines de congénères, de bulldozers et d’escouades spéciales équipées de lance-flammes visant à déblayer le passage. Un bulldozer proche de Mip Miap explosa brutalement, une grenade ayant liquéfié sa cabine. Des débris brûlants fusèrent dans les rangs Pingouins, faisant une vingtaine de victimes. Mip Miap ne reçut que de petits éclats et n’en tint pas compte. Une chose était cependant sûre: ils avaient atteint les positions des Kroxigors. La charge fut donnée, et les Pingouins se ruèrent sur l’ennemi, vingt fois moins nombreux. Mais ce fut à peine suffisant, tant les Kroxigors étaient bien retranchés. Nombreux étaient ceux qui tombaient avant d’avoir rejoint les lieux du combat, mais le temps jouait contre les Kroxigors, qui commencèrent à manquer de munitions. Un sanglant corps à corps s’engagea, et les Pingouins devaient s’y prendre à six au moins pour neutralisa les brutes épaisses qui leur étaient opposées. Mip Miap fit de son mieux, et il aida à la bagarre plusieurs fois. Finalement, un char Pingouin creusa une brèche dans les dernières murailles du camp, et les Kroxigors prirent lâchement la fuite. Un escadron de chasseurs vint en renfort pour les achever, les soldats étant incapables de les rattraper. La bataille était bel et bien finie, et Mip Miap s’était bien amusé. Il rentra se reposer et manger à la base accompagné des voix de milliers de Pingouins qui braillaient leur contentement sans retenue.
Partout sur Issiria, le même scénario s’était reproduit des dizaines de fois. Les Pingouins avaient totalement écrasé les Kroxigors surpris par la soudaineté et la violence de l’attaque. Issiria était aux mains des Pingouins, et devait y rester encore longtemps. Cependant, Mip Miap apprit quelques jours plus tard que cette offensive n’était qu’une diversion de grande envergure destinée à cacher une infiltration audacieuse vers Arkania, et qu’au moment même où il recevait une médaille pour son rôle dans la bataille, la planète mère de l’ennemie tombait sous le joug impitoyable de l’Empire Pingouin.
Mip Miap participa à d’autres batailles sur d’autres mondes, mais aucune ne fut aussi féroce que celle pour Issiria, car l’alliance des Arkanians et des Kroxigors tombait en ruine, et la plupart des opposants fuyaient avant-même le début de l’escarmouche. Mais l’armée Pingouine est ainsi faite que les guerriers habiles et sans peur sont vite repérés, et les exploits de Mip Miap lui valurent de recevoir le commandement d’une escouade de dix Pingouins expérimentés équipés de mitrailleuses, l’arme préférée de presque tous les Pingouins.
MON BEAU PINGOUIN, ROI DES ZUMAINS, QUE J’AIMEU TES BAVUREEEU.
Mip Miap avait participé à de nombreuses conquêtes lorsqu’un évènement se produisit. L’expansion de l’Empire se ralentissait quand la découverte des humains donna un nouvel espoir aux Pingouins. Les humains possédaient de nouvelles technologies intéressantes pour débusquer des civilisations à réduire à néant. La conquête de la Terre fut donc planifiée, mais certains objectifs devaient être épargnés, aussi l’invasion devrait-elle se faire en douceur (sauf pour les habitants qui seraient eux massacrés jusqu’au dernier, gniark ! gniark ! gniark !). Mip Miap eut l’honneur d’être choisi pour former un avant-poste destiné à recevoir le reste de l’armée lorsque le moment viendrait. Ainsi il embarqua dans un petit transport contenant cinq mille Pingouins. Lorsque le vaisseau eut atteint le système Solaire, il largua des capsules d’atterrissage chargée chacune de cinquante membres d’équipage. Ces petits appareils étaient suffisamment discrets pour ne pas être repérés lors de leur approche, si le vecteur de guidage était correctement choisi. Une averse de petites choses qu’un voyageur aurait pu prendre pour des météorites tomba sur le Groenland. Les Pingouins débarquèrent et déployèrent immédiatement les foreuses et les véhicules miniers. Le jour suivant, toute trace du passage des Pingouins à la surface avait disparu. Chaque groupe d’atterrissage était constitué de cinq capsules, et les différents groupes employèrent la semaine suivante à relier leurs cachettes pour former un vaste complexe souterrain. Les taupes minières purent extraire du fer du sol, ce qui permit de commencer à renforcer la base secrète. Puis on creusa jusqu’à l’océan où du sable fut prélevé pour fabriquer du verre, et ainsi de suite jusqu’à ce que tous les besoins des Pingouins fussent satisfaits. Les poissons garantissaient une alimentation largement suffisante, et des cultures hydroponiques permirent de compléter les repas. Bientôt, des usines furent achevées, et on mit en service d’autres piles à antimatière pour les faire fonctionner. Des armes purent être produites, mais surtout de l’artillerie et des munitions. Au bout de quatre mois, le centre de clonage était fin prêt, et Mip Miap se porta volontaire pour servir de matrice à une série de Pingouins.
Le premier clone de Mip Miap sortit de sa cuve d’assemblage, déjà mature et ne demandant qu’à se battre. Mais il lui manquait un œil, ce qui cachait peut-être d’autres défauts de fabrication. Mip Miap décida donc de l’égorger et de le découper en morceaux, histoire qu’on puisse le recycler. Toutefois, on le lui reprocha, car les Pingouins désiraient essayer pendant la guerre prochaine une nouvelle technique de ionisation des Pingouins, pour laquelle il faudrait sacrifier des volontaires ou des individus défectueux comme le clone de Mip Miap. C’était d’autant plus dommage que cette ionisation donnait de meilleurs résultats sur les cobayes présentant des défauts de vision, avec une prédilection pour les Pingouins myopes (je précise que je parle de Pingouins cobayes, qui n’ont rien à voir avec les cobayes, les hamsters, les manchots, et surtout les pingouins qui ne sont pas des Pingouins, qui ressembleraient plutôt à des manchots, bien qu’ils n’en soient pas, enfin vous connaissez la suite). Mais ce n’était (vous noterez au passage que manchot se dit "penguin" en anglais, ce qui accentue la confusion, car les penguins ne sont pas des Pingouins puisque ce sont des manchots)... euh... oui, ce n’était (au passage, pingouin se dit aussi penguin en anglais, ou alors razorbill paraît-il. Razor, ça conviendrait mieux à des Pingouins, ou alors Huskvarna. Je décide donc que la traduction anglaise de Pingouin sera Razorbill, mais attention, les Pingouins ne sont pas des pingouins pour autant)... ah j’ai perdu le fil du coup (ce sera tout). Oh ! c’est pas fini un peu ?! (hein ?). La ferme (non mais l’autre, eh !). Ta gueule (bon... d’accord...)! Je disais donc que ce n’était pas bien grave car le centre de clonage pourrait bientôt tourner à plein régime, et on n’était pas à un Pingouin près.
Au bout d’une année d’opération souterraines et de coups fourrés, les Pingouins étaient fin prêts à partir au combat. Des tunnels furent creusés jusqu’aux grands continents, et les Pingouins jaillirent par milliers et écrasèrent les défenses humaines aux Etats-Unis et en Russie en moins de temps qu’il ne faut pour l’occire, pardon, le dire. Des lanceurs de Pingouins ionisés furent déployés derrière la vague d’assaut. Chaque Pingouin sélectionné était enduit d’antiplasma de Glkdfnk, un élément particulièrement lourd et instable, que les humains ne découvriront jamais dans cette partie de leur misérable histoire. Les Pingouins ionisés étaient propulsés à des kilomètres par des canons sophistiqués. Lorsqu’ils atteignent le sol, une réaction ignoblement compliquée se produit et une explosion gigantesque détruit tout dans un rayon variant suivant le degré de myopie du Pingouin, mais pouvant atteindre un kilomètre. Les cibles de choix étaient les lycées, car les expériences d’électrisation des chats interféraient avec l’élément Glkdfnk, décuplant la puissance de la réaction.
Mip Miap prit beaucoup de plaisir à massacrer les zumains, car ceux-ci mourraient toujours de façon rocambolesque, en hurlant, en se tortillant, voire en courant partout, et les soldats avaient d’ailleurs du mal à se concentrer tellement c’était drôle. Mais les autres zumains n’appréciaient pas beaucoup, et ils passaient leur temps à se sauver, puis à revenir, et à se resauver, et à rerevenir, et à se reresauver, et à rererevenir, et à se rereresauver, enfin vous avez compris là, non ? Mip Miap avait pour mission de conquérir l’Europe, ce qui fut accompli rapidement, l’ennemi ayant à peine eut le temps de d’organiser. En effet, les humains s’empêtrent dans un inextricable système administratif, et il leur faut des semaines pour réagir à quelque chose. Puis, Mip Miap dût se rendre en Orient, car les Pingouins devaient affronter ici une forte opposition. Les meilleurs Pingouins n’y firent rien, et Mip Miap faillit plusieurs fois y laisser sa peau, si bien que les chefs de l’Empire se décidèrent à envoyer un transport en renfort. Cependant celui-ci fut touché par une volée de missiles nucléaires humains, issus d’une base inconnue des Pingouins. Sa propulsion fut coupée et il tomba sur la Terre, sous l’effet de la gravité. L’épave fut dirigée vers la Chine, et Mip Miap put observer son dernier vol. Les transports n’étaient pas conçus pour rentrer dans l’atmosphère, aussi produisit-il beaucoup de frottements. Une partie de la coque fondit sous l’effet de la chaleur, mais ce n’était rien comparé à l’énorme masse qui s’approchait à une vitesse considérable. Le vaisseau rougeoyant apparu loin dans le ciel, entouré d’un immense halo pourpre. Il s’écrasa assez loin dans les territoires humains, mais Mip Miap était à un bon millier de kilomètres, aussi ne vit-il qu’un grand éclair. Puis des flammes de dizaines de kilomètres de haut s’élevèrent, dévoilant la trajectoire du vaisseau sur le sol. Il glissa sur une distance supérieure à Paris-Marseille (sauf qu’on était en Chine, hein, mais c’était juste pour illustrer, vous voyez ?), détruisant tout sur son passage et autour. Puis l’onde de choc se répandit tout autour. Toute la Chine fut secouée par l’impact, et Mip Miap faillit tomber sous la violence du souffle. Pendant de longues minutes le bruit sourd du cataclysme se propagea sur tout le continent. Une charge générale fut sonnée et l’armée Pingouine s’élança vers le lieu du désastre. Mip Miap et son bataillon se fraya un chemin à travers les lignes ennemies, enfonçant et mettant en déroute les humains. La lutte fut sanglante, et de nombreux Pingouins moururent au combat. Mip Miap menait vaillament ses soldats et ne laissa que des tas de cadavres et de ruines derrière lui. Après une journée de combat, les Pingouins avaient progressé comme jamais auparavant, engageant toutes leurs forces dans cet assaut qui se devait d’être décisif. Bientôt les Pingouins eurent franchit presque toutes les barrières mises en leur travers, et Mip Miap et les autres arrivèrent dans une région dévastée par les incendies qu’avait déclenché la chute du vaisseau. Enfin, Mip Miap rejoint les colonnes de Pingouins qui débarquaient de l’épave du transport. Dès lors, le sort de l’humanité était définitivement scellé, des millions de combattants venant renforcer les pionniers dont les effectifs commençaient à piquer du bec.
Mip Miap participa à des campagnes de nettoyage dans les grandes villes de la Terre, où des humains se terraient dans les égouts, réduits à l’état de bêtes sauvages. Il fit un usage intensif du nouveau lance-flammes mis au point par les macrocéphales, et qui fit des ravages dans les étroits conduits qui parcouraient le sous-sol de la Terre. La géographie même de la planète fut modifiée, car une mer s’étendait désormais dans le sillon creusé par le crash du vaisseau Pingouin, qui fut laissé là comme témoignage des évènements qui s’y étaient produits. Personne n’y toucha, car les Pingouins ne manquaient pas de métal sur la Terre, qui devint un des plus grands centres industriels de l’Empire Pingouin. Par ailleurs son atmosphère fut nettoyé des déchets qu’y avaient répandu les humains, et des centres de loisirs et de repos y furent installés, dans les grands océans qui couvraient sa surface.
Mip Miap était alors âgé de 50 ans. Il prit sa retraite de commandant de bataillon, et se vit confier le poste envié de Général des Forces de Défense Planétaires de la Terre. Il eut ainsi sous ses ordres une dizaine d’armées complètes, une flotte de vaisseau spatiaux et ses cinq stations orbitales, un dock de construction spationavale, et une certaine influence sur toutes les décisions affectant de près ou de loin le quadrant du système Solaire dont je vous épargnerai la dénomination officielle. C’était plus qu’il n’en faut pour combler un Pingouin, et Mip Miap passa du bon temps à gérer ses troupes et à chasser les zumains dans les parcs de loisir.
Pendant ce temps, dans un coin reculé de l’Empire, un petit Pingouin
venait de naître. Il s’appelait Mihip Miiap...
The End
P.S.: Cette histoire prouve à tous ceux qui en doutaient que
les Pingouins ont des dents. Ce qui n’est pas le cas des pingouins ni des
manchots qui ne sont pas des Pingouins. bla bla bla et blabla et patati
et patata...
P.P.S.: Ca me rappelle l’histoire des Papoux. Alors chez les Papoux,
il y les Papoux papas et les Papoux pas papa, mais chez les Papoux, il
ya les Papoux à poux...
P.P.P.S.: A destination du sieur Andurand. J’attends toujours de voir
ce que vont faire les zumains après leur branlée du premier
épisode. Peut-être pourrais-je alors écrire une suite
aux "nouveaux conquérants du monde".
P.P.P.P.S.: à destination du même type, là, celui
du P.P.P.S.: on n’écrit pas "phantasme" dans le Français
moderne. C’est un terme vieilli qui fait un peu penser à éléphant,
non ? Si tu trouves une femme assez folle pour t’épouser, ben je
la plains la pauvre.
P.P.P.P.S.S.S.S.: Si vous avez trouvé cette histoire emmerdante,
ben fallait pas la lire, éh pauv’ cons ! Non mais oh, faut pas s’foutre
du monde non plus. Fait chier. Merdalors.
P² x 3S! : ce sera tout.
(bis + 1): c’est fini, là.
Pingouin Sodomisé: Au revoir.
Pas Savoir: I’ll be back, AHAHAHAHAHAH !!!!!! (et tout et tout, quoi)
!