
LE DEBUT
(Oui, je précise, c’est du Français, donc ça se lit de la page du dessus à celle du dessous, de haut en bas et de gauche à droite. Ca marche peut-être aussi à l’envers, j’en sais rien, je n’ai pas essayé).
Mmip se réveilla, à force d’entendre sonner l’alarme. Il était plutôt paresseux et pas bien rapide à sortir du lit. Les autres avaient déjà quitté la chambre. Il pris sa carte ID et avala une pastille de petit déjeuner. Il se dirigea vers le pont D37, là où était stationné le Mipator. Mmip traversa rapidement la salle de briefing, salua son amiral (il faut toujours saluer son amiral), et ouvrit le sas anti-explosions. La vue sur la lune crémeuse Tétra IV (ce n’est pas de la pub) était magnifique, malgré la déformation due au champ de stase qui retenait l’atmosphère du vaisseau. Imip et Miaïp étaient en train de discuter sur le quai d’embarquement. Mmip leur fit un signe et grimpa à bord du Mipator. Ses deux équipiers lui répondirent et signalèrent à la tour de contrôle l’imminence de leur départ, puis ils embarquèrent à leur tour. Comme toujours, Mmip se fit sermonner par Mip Mip, son capitaine, mais c’était plus par habitude que par mécontentement: Mmip était toujours en retard, mais c’était néanmoins un excellent canonnier. Imip rejoint le poste de radioguidage. Il était chargé des appareillages radars et du guidage aux instruments, ainsi que des communications. Miaïp était lui aussi canonnier, tout comme Ip Miap, le "petit dernier" et Mmip. Quant aux deux techniciens de maintenance, Mëip et Mip Miep, ils étaient en train de préparer le Mipator pour la journée. Les sept Pingouins s’entendaient plutôt bien pour des Pingouins, mais dans un appareil comme le Mipator, c’était indispensable, et Mip Mip s’employait à éviter les disputes entre les membres d’équipage. Mip Mip était dans la Marine depuis plus de vingt ans, et il avait reçu de nombreuses offres pour des postes plus élevés, mais il se plaisait à diriger sa petite troupe de Pingouins à travers l’espace.
Le Mipator se dégagea de la pince d’arrimage et effectua une rotation majestueuse. Il traversa le champ de stase, et longea le transport en direction du point de saut. Mip Mip annonça les objectifs de la mission par l’intercom:
"Bon, les gars, va falloir vous remuer un peu. Aujourd’hui, c’est notre première mission contre les Arkanians, ces lopettes à la peau pâle. Enfin, là, on doit intercepter un cargo qui a pris la fuite du secteur 3-9-05. Son escorte est en théorie détruite, mais méfiez-vous quand même. Ces trouillards de la deuxième escadrille ont dit que les chasseurs des Arkanians étaient les pires qu’ils aient jamais vus. Si jamais un de vous ne parvient pas à viser, je lui découpe un oeil au marteau-piqueur, c’est compris ?"
Mmip et les autres rigolèrent bien, car ils savaient que Mip Mip ne le ferait pas, ce qui est certes surprenant venant d’un Pingouin, mais il faut dire que les bons canonniers sont trop rares pour qu’on les gâche. Tenez, par exemple, le prédécesseur d’Ip Miap avait été un peu déconcerté lorsqu’il s’est retrouvé la première fois en situation de combat. Lorsque le sabord s’est ouvert et que son canon s’est positionné, il a cru qu’il nageait dans le vide, ce crétin. En fait, c’est un peu surprenant la première fois, car la vitre qui vous sépare de l’extérieur est impeccable et étonnamment fine, et quand l’autre couillon a vu ça, il a repeint le poste de tir en vert. Autant dire qu’il n’a jamais participé à sa seconde mission.
Lorsque le point de saut fut dégagé, Imip entra les coordonnées de destination et enclencha le moteur principal. Le Mipator tressauta pendant que le compensateur de gravité recalculait les données. Lors du premier vol habité d’un appareil équipé d’un moteur à antimatière, personne n’avait pensé à mettre un compensateur de gravité, aussi l’équipage se retrouva-t-il écrabouillé par l’accélération. C’est une histoire que les Pingouins de la Marine aiment bien se raconter. Le Mipator était lui on ne peut plus moderne. C’est un à la base un Escorteur Léger, mais sa polyvalence lui permet de remplir les missions les plus variées. C’est le plus petit modèle de vaisseau interstellaire de la flotte Pingouine, les chasseurs devant être acheminés à destination par des bâtiments de plus grande taille. Les Escorteurs légers sont équipés d’un moteur supra-luminique dernier cri, et d’un très bon moteur sub-luminique, ce qui leur confère une mobilité exceptionnelle malgré leurs 53 mètres de long (je vous épargne les centimètres. Oh, puis non, en fait il mesure 53 mètres, 12 cm et 4 mm de long. Vous voulez le numéro de série ?). L’armement est constitué de trois canons lasers lourds disposant d’angles de tir de 180° dans toutes les directions. Il y en a un de chaque côté, et un sur le dessus. Un quatrième canon de plus petit calibre est fixé à l’avant et peut être actionné par le Capitaine. Pour schématiser, le Mipator est un blastationneur multitâches.
En quelques minutes, le Mipator arriva à destination. Imip largua une sonde émettrice de perturbations électromagnétiques destinée à stopper les vaisseaux sur le chemin de la sonde. Maintenant il ne restait plus qu’à attendre, en espérant que l’évaluation de la destination du cargo Arkanian avait été bien faite. Au bout d’une demi-heure, les scanners détectèrent un mouvement et un engin imposant fit son apparition près de la sonde. Immédiatement, l’alarme générale fut déclenchée. Tous les systèmes furent réactivés en deux secondes, et les sabords s’ouvrirent. Mmip activa ses commandes de tir et son canon coulissa hors de la coque. Mmip disposa d’un angle de vue parfait sur l’espace environnant. Il fit quelques mouvements pour vérifier que tout fonctionnait bien. Mip Mip guida l’escorteur dans un vol d’observation. Le cargo Arkanian était d’un blanc immaculé. Ses quatre mâts soutenait d’immenses voiles de métal qui assuraient la propulsion de l’appareil. Comme les Arkanians ne possédaient pas la technologie de l’antimatière, ils utilisaient les vents de particules stellaires pour se déplacer dans l’espace. Ils avaient poussé cette technologie à un point proche de la perfection. Mais Mmip n’était pas là pour s’extasier, et d’ailleurs, la lourde batterie de défense émergea du pont et ouvrit le feu. Cette protection était bien sûr dérisoire contre le rapide escorteur Pingouin, qui fit demi-tour et passa à l’attaque. Mmip visa les mâts pour empêcher le cargo de prendre la fuite. Il déchira plusieurs voiles, mais le premier fait d’armes fut l’oeuvre de Miaïp qui fit sauter la batterie de défense. Un deuxième passage permit à Mmip de détruire un mât, qui s’effondra spectaculairement sur le mât avant, l’abattant lui aussi. Une série d’explosions noircit la proue du navire, mais ce n’était là qu’un début. Ip Miap signala qu’il avait vu un chasseur Arkanian à l’arrière du cargo. Mais lors du troisième passage, il était trop tard, et le petit appareil argenté s’éloignait du cargo. Mmip ne le vit pas car il était du mauvais côté. Il se contenta de placer quelques tirs sur la cabine du cargo, affaiblissant ses boucliers. Il s’apprêtait à lâcher une salve sur le pont lorsque le Mipator partit en vrille de manière si soudaine que Mmip ressentit l’accélération. Mip Mip venait d’esquiver la première attaque du chasseur. Miaïp tenta de le toucher, mais il le manqua assez largement. Mmip vit le chasseur apparaître en dessous de sa position. Il ouvrit le feu mais sa cible effectua un virage d’une surprenante efficacité. Le petit vaisseau se retrouva face à Mmip, qui mit un certain temps à replacer son canon. Il tira à nouveau, mais le chasseur approchait à grande vitesse en tournant sur lui même et esquiva toutes les attaques. Il ouvrit le feu à son tour. Mip Mip poussa les fusées de virages à fond et évita les rayons d’énergie. Le chasseur passa à quelques mètres à peine au dessus du Mipator et Mmip se baissa instinctivement. La cible réapparut du côté d’Ip Miap, qui put le viser sous un angle plus favorable. Il hurla: "je l’ai !" et le toucha effectivement. L’appareil partit en tonneaux mais le pilote reprit le contrôle. Il repassa en dessous du Mipator, et Mmip le vit à nouveau. Cependant, l’impact avait dû amoindrir la maniabilité du chasseur, et il fut verrouillé facilement. Mmip coupla les quatre tubes de son canon et lança une salve dévastatrice. Les rayons se rapprochèrent de la cible, puis l’atteignirent de plein fouet. Le chasseur se désintégra dans une boule de feu, et le héros de l’instant ne put retenir un cri de joie. Les autres le complimentèrent, mais le cargo restait à détruire et Mip Mip les rappela à l’ordre. Le cargo avait profité du combat pour s’éloigner un peu, mais la destruction de ses deux mâts avants rendait cette fuite vaine, et le Mipator le rattrapa en un instant. Cette fois, plus question de faire dans la dentelle, tous les tireurs visèrent tout ce qui se présentait. Mip Mip retourna son escorteur, de sorte que tous puissent ouvrir le feu en même temps. Le cargo s’illumina de longues traînées d’explosions. Miaïp acheva les boucliers qui protégeaient le poste de pilotage, entraînant l’explosions du générateur de champs de force dont les débris furent projetés loin en dessous du cargo. Un dernier tir détruisit la cabine, et le grand vaisseau commença à partir en miettes. Le Mipator passa derrière le cargo, et le moteur explosa sous les assauts simultanés de Mmip et d’Ip Miap. Une lueur se propagea de la poupe vers la proue du cargo, qui éclata brutalement et éblouit les Pingouins. Il ne restait plus qu’un carcasse noircie et un champ de débris s’étendant sur des kilomètres. Imip vérifia que le Mipator n’avait pas été endommagé par l’explosion et intégra les données sur les débris dans l’atlas électronique. Ce soir, l’équipage allait avoir droit à une permission spéciale...
LA SUITE
Les Pingouins avaient bien rigolé pendant leur soirée de permission. Le champagne, les filles, tout quoi... Encore que le champagne, je ne suis pas sûr qu’ils l’appelaient comme ça, mais bon, on est pas là pour ça. Donc nos hilares Pingouins devaient cesser de se marrer comme des cons et se remettre au boulot. C’est vrai, quoi, y’a un temps pour tout. Un briefing général eut lieu deux jours après ces événements. De nombreux capitaines furent convoqués, et même les représentants de ces rampants de l’Armée de terre. Mip Mip y participa, et apprit qu’une grande offensive allait avoir lieu. Deux transports seraient engagés, ainsi qu’une vingtaine de croiseurs, et de nombreuses frégates, des destroyers, des canonnières lourdes, et une multitude d’escorteurs et de chasseurs. Le gouvernement Pingouin avait toujours tendance à envoyer plus de monde qu’il n’en fallait, mais là, ce devait être quelque chose de grande envergure, et peut-être faudrait-il affronter une ou deux flottes de défense Arkaniennes. L’objectif était de s’emparer du système Yavanna et de prendre la quatrième planète (Yavanna IV, ça me dit quelque chose...) qui était un important centre industriel ennemi. Le gros morceau serait une station orbitale qui était suffisamment blindée et armée pour en remontrer à un transport Pingouin. Bien entendu, une opposition mobile importante était à prévoir, vraisemblablement une trentaine de vaisseaux de guerre au minimum, et peut-être des unités Kroxigores. La formation de quatre transports Pingouins resterait ici pour servir de QG et superviser les opérations dans d’autres secteurs.
Mip Mip fut heureux d’annoncer la nouvelle à son équipage, car avant que les Pingouins ne rencontrent les Arkanians, les batailles de grande envergure étaient fort rares. Le Mipator fut préparé avec le plus grand soin par Mëip et Mip Miep et il avait fier allure dans l’impressionnante formation de combat Pingouine. Il escortait le transport Imperius Pinguinis, affecté à la quatrième aile de soutien aux côtés du grand croiseur Mip of Death. La flotte se positionna et après un long calcul, tous les vaisseaux reçurent leurs coordonnées de vol et passèrent en supra-luminique. Rapidement, tout le monde réapparut à l’endroit prévu, à quelques millions de kilomètres de Yavanna IV (je vous assure que ce n’est pas beaucoup. Enfin si, mais pas pour les Pingouins. Enfin si, mais pas pour les vaisseaux Pingouins. Enfin, oui, non, c’est bien ça). Les transports et les croiseurs déployèrent des centaines de chasseurs monoplaces, pilotés par les plus casse-cou des Pingouins, ce qui n’est pas peu dire. La flotte s’ébranla doucement. Les scanners révélèrent une dizaine de bâtiments à proximité de la cible. Peut-être la puissance des Arkanians avait-elle été surestimée... la petite force défensive se mit en mouvement et abandonna le couvert de la station orbitale qui n’était d’aucune utilité à très longue portée. Le combat s’engagea mais les Arkanians n’avaient aucune chance et furent rapidement détruits ou mis en fuite (les pleutres). Les Pingouins s’approchèrent alors de la station Arkanienne. C’était presque trop facile. L’avant-garde de la flotte fondit sur la station et les hostilités commencèrent véritablement, la première vague fut en grande partie détruite mais de nombreux vaisseaux de guerre étaient presque à portée. Les Pingouins commençaient déjà à savourer leur victoire lorsque quelque chose d’inattendu se produisit. Les navires de l’arrière-garde pivotèrent, tournant le dos à la cible. Mip Mip ne comprit pas ce qui arrivait, mais rapidement, Imip lui expliqua ce qui se passait. Mip Mip se contenta d’annoncer:
"On va avoir des invités surprises".
Un important contingent de bâtiments ennemis émergeaient de l’autre côté du soleil de Yavanna, et approchait à grande vitesse. Le combat allait être largement rééquilibré. Une minute plus tard, un véritable essaim de chasseurs Arkanians surgit de l’autre côté de Yavanna IV et se lança à l’assaut de l’aile engagée dans le combat contre la station. La réplique fut rapidement organisée. Une partie de la flotte resterait à son objectif initial, tandis que les deux transports et le gros des troupes allait attaquer la flotte ennemie. Une trentaine de bâtiments se présentait en face, la pièce centrale semblant être un immense vaisseau semblable à aucun autre, ressemblant à un énorme enjoliveur blanc (mais pas de la camelote, hein, un bel enjoliveur). Il s’agissait du plus grand vaisseau des Arkanians, le bientôt légendaire Fleur de Feu, une voile ambulante hérissée de centaines de canons. Le Mipator faisait partie de la force qui allait lui être opposée. Bientôt, les deux ennemis se rencontrèrent, et les rangs furent rompus. Un observateur extérieur, en dehors du fait qu’il n’aurait pas pu observer longtemps, aurait penser que la bataille n’était qu’un inextricable fouillis. Eh bien, à peu de choses près... C’était le cas. Le Mipator prit d’assaut un groupe de chasseurs, soutenu par deux autres escorteurs, une vingtaine de chasseurs, et couvert par un destroyer. Les tirs illuminaient l’espace, et il était difficile de viser car le vaisseau tanguait et vrillait sans cesse pour éviter les attaques qui venaient de toutes parts. Mais les pilotes des chasseurs commettaient souvent des erreurs car il y avait énormément de choses à gérer dans un affrontement comme celui-ci, notamment le fait de poursuivre ses ennemis et non pas ses alliés. Pour cela, Mip Mip était avantagé, car il n’avait à s’occuper que du pilotage, efficacement secondé par Imip. Les chasseurs Arkanians étaient largement supérieurs à leurs homologues Pingouins, mais le Mipator et son escadrille s’en sortirent bien, avec encore deux escorteurs entiers, et une dizaine de chasseurs. Le destroyer signala l’approche d’une frégate ennemie. Immédiatement, le groupe fit volte-face (avec John Travolta) et partit à l’attaque. On peut difficilement concevoir la violence d’un assaut d’une douzaine d’appareils contre un bâtiment. Tout se passa très vite. Deux des six chasseurs de défense furent détruits avant d’avoir pu réagir. Cependant, quatre chasseurs Pingouins furent interceptés par la frégate et son escorte. Ici, il n’était plus question d’empêcher son adversaire de fuir. C’était la destruction, un point, c’est tout. Les deux escorteurs Pingouins soutenus par le destroyer endommagèrent sérieusement la frégate. Cependant, l’ailier du Mipator fut détruit lors du deuxième passage, mais il restait encore une puissance de feu suffisante aux Pingouins. Le Mipator et quatre chasseurs survivants refirent un passage et neutralisèrent la frégate qui disparut dans une gigantesque boule de feu. Mip Mip et son équipage hurlèrent et se félicitèrent rapidement. Mais chacun reprit ses esprits lorsque le Mipator partit dans une suite de tonneaux incontrôlés. Un chasseur rescapé les avait attaqués par surprise et les avait touchés de plein fouet. Lorsque Mip Mip parvint à rétablir l’assiette du vaisseau (attention, il ne sont pas à table), le chasseur se retrouva juste dans la ligne de mire de Mmip qui le pulvérisa d’une salve sauvage. Par chance, le Mipator n’avait subit aucun dommage sérieux, et le combat allait se poursuivre normalement. Le Mipator et deux chasseurs encore entiers se remirent en formation et regagnèrent le destroyer pour recevoir une nouvelle affectation. Mais ils réalisèrent rapidement que le destroyer était aux prises avec un grand vaisseau ennemi, et ils arrivèrent trop tard pour l’aider. Le navire Pingouin fut détruit, et Mip Mip choisit de se replier vers les transports, malgré les protestations des canonniers. Il était hors de question d’affronter directement un bâtiment de ce gabarit. Une escadrille vint en renfort, dans le secteur où se trouvait le Mipator, car l’autre flanc plus faible était désormais dominé par les Pingouins. Ils purent se lancer à l’assaut du croiseur qui les avait menacés. Ils étaient couverts par l’Imperius Pinguinis qui était à présent lancé dans la bataille. Cette fois, les Pingouins avaient l’avantage, et Miaïp se distingua an faisant sauter le moteur du croiseur, ce qui lui porta le coup de grâce. Cette fois, la flotte Pingouine semblait avoir l’avantage, car les Arkanians se regroupèrent autour du Fleur de Feu. Soudain, un nouvel événement vint troubler les plans des Pingouins. Une flotte assez importante sortit de l’espace supra-luminique tout près du lieu du combat. Quinze bâtiments de guerre étaient présents, et leur aspect grossier semblait indiquer qu’il s’agissait de Kroxigors. A nouveau, l’équilibre des forces était modifié, et cette fois en faveur de l’ennemi. A nouveau, le conflit redevint un immense affrontement de centaines de vaisseaux. A nouveau, les rangs furent rompus et à nouveau, ce fut le bordel. Mip Mip et l’escadrille du croiseur Mort Subite attaqua les Kroxigors. Leurs vaisseaux étaient peu maniables et plusieurs furent détruits, mais pendant que les appareils légers se faufilaient entre les monstres de métal, le Mort Subite subissait de plein fouet le tir des armes super-lourdes des Kroxigors. D’ailleurs, les chasseurs Pingouins commençaient à voir leurs effectifs chuter, et un ordre de repli fut donné. Le Mipator retourna en arrière pour protéger le croiseur qui lui-même regagnait le couvert de l’Imperius Pinguinis. Sans s’en rendre compte, les Pingouins reculaient vers Yavanna IV. C’est alors que les amiraux Pingouins comprirent le but de l’ennemi. Jusqu’alors, tout espoir n’était pas perdu, mais il devint clair que la force chargée de détruire la station orbitale était battue à plate couture. La station était endommagée mais toujours vaillante, et des dizaines de chasseurs s’élancèrent dur les arrières des Pingouins. Les transports se retrouvèrent à portée de tir du Fleur de Feu d’un côté et de la station d’un côté. Les navires ennemis encerclaient lentement les Pingouins. Les chasseurs Arkanian ignorèrent les appareils légers et s’en prirent aux vaisseaux de guerre, qui étaient trop lents pour réagir efficacement contre cette menace inattendue. Le Mipator réussit bien à en détruire quelques uns mais les Arkanians étaient habiles et parvenaient toujours à infliger des dégâts significatifs à leur cible. Bientôt, il ne resta plus que les deux transports et une poignée de bâtiments aptes au combat. Les chasseurs et escorteurs Pingouins se retrouvaient face à la chasse légère de l’ennemi, mais aussi face à ses croiseurs. Cette fois, il semblait que les Pingouins allaient devoir se contenter de sauver les meubles. Le Fleur de Feu et sa formation de destroyers géants prit pour cible l’un des transports, qui était en même temps sous le feu de la station de Yavanna IV. Les autres navires se répartirent le reste, mais le rapport de force était de plus en plus à l’avantage des Arkanians et des Kroxigors. L’équipage du Mipator fit de son mieux, blastant de tous les côtés, mais un escadron de quatre chasseurs ennemis le prit en chasse. Personne ne semblait pouvoir leur venir en aide, aussi Mip Mip dut-il se débrouiller seul. Les canonniers disposaient rarement d’angles de tir sur les assaillants. Un rayon laser toucha le Mipator, et Ip Miap fut catapulté hors de son siège. Heureusement, il n’avait que quelques égratignures, mais son canon était hors service, et Mëip et Mip Miep étaient occupés à pousser les moteurs et le générateur de boucliers. Mip Mip prit son courage à deux mains et (sans lâcher le manche à balai, bien qu’il n’ait que deux mains) il se lança vers le Fleur de Feu. Il passa en rase-mottes au dessus du gigantesque vaisseau, et fut bientôt pris pour cible par des dizaines de canons. C’était exactement ce qu’il voulait. Incapables de le toucher à cause de la vitesse encore accentuée par la proximité, les artilleurs Arkanians réussirent cependant à détruire les quatre poursuivants du Mipator. Mip Mip avait alors rejoint l’autre extrémité du vaisseau, et il fut applaudit par les autres. Lorsque le Mipator dépassa la structure géante du vaisseau amiral Arkanian, Mmip fut terrifié. Là-bas, à quelques kilomètres à peine, un immense transport Pingouin était en train de partir en morceau, secoué par d’innombrables explosions. La plupart des Pingouins étaient persuadés que les transports pouvaient résister à tout, pourtant, celui-là était bel et bien en fin de carrière. Il était clair que les Pingouins n’avaient aucune chance de gagner aujourd’hui. Mmip fut tiré de ses pensées par une rangée de rayons lumineux qui frôla sa verrière. Le Mipator s’éloignait du Fleur de Feu, mais il était désormais moins difficile à ajuster. Mip Mip vrillait et manoeuvrait comme un fou, et la partie semblait gagnée, ils étaient presque hors de portée. Soudain, il y eut une explosion et les Pingouins lâchèrent tous leurs commandes à cause de décharges électrostatiques. Tout devint noir dans le Mipator, et les Pingouins crurent qu’ils étaient morts. Durant deux secondes qui leur parurent une éternité, tout fut silencieux et rien ne se passa. Puis les boucliers finirent d’absorber le choc et l’énergie revint. Tous furent soulagés mais personne ne dit rien. De nombreux appareillages étaient en panne. Les canons furent rentrés et les sabords fermés, sauf celui d’Ip Miap dont le compartiment étanche fut condamné. Mip Mip passa en luminique et quitta l’enfer encore en vie.
Après quelques errances et de nombreuses erreurs de calculs, Imip parvint à regagner le QG mobile des Pingouins. Le Mipator était en piteux état, mais il y avait bien d’autres vaisseaux endommagés qui sortaient de la vitesse luminique autour des transports. Pourtant, par rapport aux effectifs de départ, il ne restait plus grand’monde. Mip Mip et son équipage furent accueillis comme des héros, car la nouvelle de la grande embuscade s’était déjà propagée, et cette défaite n’était nullement honteuse tant l’opposition était féroce. Ip Miap retrouva le sourire (si tant est qu’un Pingouin puisse sourire, avec un bec, je le sens ma), et ils discutèrent ensemble de la bataille, qui avait été somme toute assez amusante. Il y avait eu beaucoup de morts et d’explosions, et c’est bien là l’essentiel, non ? Enfin, il y a RTL aussi, mais les Pingouins n’écoutent pas (encore) RTL. Des rumeurs courraient comme quoi l’Imperius Pinguinis avait fait une sortie fracassante du champ de bataille en télescopant tout ce qui se trouvait sur son passage, mais qu’il était encore en un seul morceau. Ce fait figurerait dans les annales de la Marine, car dégager un vaisseau de la taille d’un transport Pingouin dans une bataille aussi désespérée, personne ne l’avait encore fait. En fait, il n’y avait jamais eu besoin de le faire, mais aucun ordinateur n’aurait donné la moindre chance à l’Amiral de se sortir d’un si mauvais pas. Le Mipator fut quant à lui bichonné par les ouvriers qui en avaient la charge, et il fut rapidement comme neuf. Mais d’autres équipages dont les appareils étaient réduits à l’état d’épaves à peine capables de voler durent attendre bien plus longtemps. Il y avait énormément de travail, d’autant plus que deux jours après l’affrontement, le transport Imperius Pinguinis retrouva le chemin de sa base. Sa propulsion avait juste suffit à le sortir du champ de bataille, et il termina la route avec un tiers de ses réacteurs en état de fonctionner. Les cent premiers mètres du navire n’étaient plus qu’un amas de tôle froissée dans lequel était encastré l’épave calcinée d’un croiseur Arkanian. L’acte de bravoure de l’Amiral de l’Imperius Pinguinis lui valut moultes récompenses et il demeura désormais parmi les légendes des Pingouins en très bonne place. Par ailleurs, l’étude du croiseur et des nombreux chasseurs entrés en collision avec le transport révéla de nombreuses informations sur la technologie employée par les Arkanians. Le grand vaisseau subit le minimum de réparations avant d’être renvoyé aux chantiers navals d’Imperia Secundus où il fut entièrement rénové pour être repréparé au combat. Son état aurait inspiré des cauchemars aux humains, tant il témoignait de la violence de la guerre, mais les Pingouins s’en amusèrent beaucoup, et ils furent un peu déçus qu’on ne trouve aucun survivant dans le croiseur réduit en bouillie.
La tournure de la guerre changea radicalement lorsque les renforts des Pingouins arrivèrent, quelques semaines après ces événements. Les Pingouins étaient présents par milliards avec plus de vingt transports disponibles, et des flottes composées d’innombrables vaisseaux. Le Mipator fut affecté au transport Guerre Eternelle, qui opérait avec une flotte composée de cinq autres des grands vaisseaux amiraux Pingouins. Un jour, Mmip, Miaïp et Ip Miap furent informés par leur capitaine qu’une mission de la plus haute importance allait leur être confiée. Quatre transports allaient créer deux attaques sur le flanc de l’Empire Arkanian. Les canonniers laissèrent éclater leur joie à l’idée d’une belle bataille, mais Mip Mip les refroidit. Le Guerre Eternelle et un autre transport devraient rester sur l’arrière et attendre que les forces Arkaniennes viennent en renfort. Les Pingouins exprimèrent leur curiosité, et Mip Mip leur expliqua que les deux transports allaient profiter de la diversion pour s’infiltrer jusqu’à la planète mère Arkania, d’où une frappe qui devait être décisive serait lancée. Mmip s’exclama: il lui semblait impossible que deux transports puissent venir à bout de toute la défense de l’ennemi. On leur révéla alors que presque toute la flotte des extra-Pingouins était occupée à repousser un assaut d’une envergure sans précédent dans l’histoire de cette galaxie, et que les défenses d’Arkania avaient été envoyées au front. Tout ce que le Mipator aurait à faire, c’est de neutraliser les défenses orbitales de la planète pour permettre un débarquement majeur. C’était moins réjouissant qu’une bonne grosse baston, certes, mais les Pingouins étaient plutôt enthousiasmés de mener pour leur peuple une mission aussi capitale.
C’est donc dans la joie et la bonne humeur que Mip Mip poussa le levier qui commandait le moteur et disparut de la vision du commun des mortels. Les coordonnées du saut avaient été calculées au millimètre, car il était indispensable de procéder avec une grande rapidité. Il y avait certaines choses qui intéressaient les Pingouins sur Arkania, aussi un bombardement n’était pas souhaitable. Cependant, il était hors de question de tenir la planète contre le retour des Arkanians, mais on ne pouvait leur laisser la possibilité de l’exploiter à nouveau. Une stratégie audacieuse fut donc mise au point par les experts Pingouins, mais elle ne nous intéresse pas réellement ici (inutile d’insister, je ne dirais rien. C’est top secret, et cela ne vous regarde pas. J’ai dit). La flotte se retrouva catapultée directement à portée de la station de défense orbitale Gardien des Etoiles. C’était une plate-forme ancienne qui n’avait pas été rénovée, car la défense d’Arkania était habituellement assurée par un détachement de croiseurs, et les Arkanians en avaient cruellement besoin pour contenir le flot dévastateur des Pingouins à l’autre bout du quadrant. Pourtant, Gardien des Etoiles disposait d’impressionnants canons anti-vaisseaux de guerre, qui étaient terrifiants malgré leur faible cadence de tir. La station accueillit les Pingouins sous un déluge de feu, mais ceux-ci étaient préparés, et ils dévoilèrent leur arme secrète pour la bataille. Le deuxième transport fonçait droit sur la station, et sa proue avait été remplacée par une immense masse d’acier semblable à une enclume. De colossaux vérins pneumatiques la maintenaient à la coque du transport et éviterait au vaisseau de subir les effets de la brutale décélération engendrée par les chocs (rapport à l’énergie cinétique, tout ça). Car son but était bel et bien d’enfoncer le Gardien des Etoiles. Le tir de tous les canons ne suffit pas à percer le monstrueux bélier qui percuta sa cible avec une violence inouïe. Aucun bruit ne put évidemment se propager, mais nul doute que les tympans de tous les occupants de la station éclatèrent lors de l’accident. Une bonne partie de la plate-forme s’était désagrégée, mais pire encore, l’impact la propulsa droit sur Arkania. La station incontrôlable s’éloigna lentement des Pingouins, et l’équipage du Mipator la vit rougir lorsqu’elle entra dans les couches supérieures de l’atmosphère. Personne ne s’attarda à ce spectacle. Les chasseurs ennemis étaient certainement en route, et deux chantiers de construction navale devaient être détruits de l’autre côté de la planète. En effet, lorsque les chantiers furent en vue, une myriade de petits engins monoplaces fondit sur la flotte. Le transport modifié resta en arrière, car si les chantiers étaient poussés sur Arkania, ils risquaient fort de tomber sur un objectif des Pingouins. De toutes façons, il n’avait pas le temps de se repositionner et de reprendre de la vitesse. Les deux transports se placèrent donc au beau milieu des chasseurs ennemis et mitraillèrent de toutes leurs pièces, après avoir déversé leur flot de chasseurs. Le Mipator slalomait entre les tirs des appareils légers qui arrivaient en face. Un ou deux furent abattus au vol, mais ce n’était pas là l’objectif de Mip Mip et de son escadrille. Les deux armées de l’espace se croisèrent donc, mais une partie des Pingouins ne s’arrêta pas et fonça sur les chantiers. Ces constructions orbitales de plusieurs kilomètres de long seraient une grosse cible pour des engins légers, mais le but n’était pas de les détruire entièrement. Il suffisait de les endommager suffisamment pour qu’elles soient inutilisables jusqu’à ce qu’une véritable offensive puisse être lancée sur Arkania. Le Mipator plongea vers un chantier, Mip Mip esquivant avec habileté le tir des batteries de défense. Il rasa la surface, et les plaques de métal usé défilaient à toute vitesse à travers la verrière. Miaïp s’en donna à coeur joie et traça une véritable ligne de feu sur son passage. Mmip et Ip Miap visèrent les batteries et en détruisirent un grand nombre en suivant les indications de Mip Mip et d’Imip qui les voyaient arriver avant les canonniers. En quelques passages, l’escadrille avait détruit la quasi-totalité des batteries. Les pertes étaient minimes car les escorteurs et les chasseurs étaient trop petits et rapides pour être touchés par les lentes tourelles du chantier, qui n’était pas conçu pour repousser une attaque de cette envergure. Lorsque les batteries furent neutralisées, un destroyer se dégagea de la bataille contre les chasseurs. Le Mipator et l’escadrille légère vinrent le soutenir et détruisirent les chasseurs qui l’avaient pris pour cible. Le destroyer se présenta à la sortie du chantier. Il tira sur les portes blindées qui en fermaient l’entrée. L’un des vantaux céda et de nombreux appareils légers purent rentrer. Les autres obliquèrent vers le second chantier et commencèrent à saper ses défenses. Le Mipator s’était introduit dans le premier. Là les Pingouins pouvaient libérer leur sauvagerie naturelle (sic) à qui-mieux-mieux. De tous les côtés, il y avait des structures à pulvériser, du matériel à désintégrer, des câblages à découper, des bonbonnes de gaz divers à enflammer, bref, c’était le paradis. Les explosions ébranlaient la structure, et les débris fusaient de toutes parts. Plusieurs vaisseaux Pingouins furent victimes de leur propre frénésie, mais le jeu en valait la chandelle, tant cette orgie de destruction était jouissive (pour un Pingouin, hein, n’oubliez pas). Une partie de la structure s’effondra lorsque le destroyer vint à bout du deuxième battant. Les autres durent se replier hors du chantier. Il en restait néanmoins un autre à atomiser. Le Mipator s’échappa des quais du chantier et Imip fit un état des lieux. Aucun débris important n’avait heurté le Mipator, qui nécessitait juste une nouvelle couche de peinture. Les transports et les croiseurs commençaient à se dépêtrer de la formation de chasseurs qui leur tournait autour, semblables à des guêpes lorsque l’on attaque leur ruche. Le Mipator prit donc la route de la dernière plate-forme encore en état de combattre, tandis que le destroyer était en train de dévaster la précédente. Le dernier chantier avait encore quelques ressources, et un groupe de chasseurs ennemis était arrivé en renfort. Les Pingouins déjà sur place avaient quelques difficultés. Mip Mip prit en chasse deux chasseurs qui poursuivaient eux-mêmes un autre escorteur. Il mit tout son talent pour placer ses canonniers en position d’atteindre les petits vaisseaux. Mmip se démena comme un diable et c’est lui qui fit voler en éclat les deux appareils, de quelques coups de canon bien ajustés. A nouveau, ils purent s’en prendre aux tourelles du chantier, et il était temps, car le destroyer estimant qu’il avait suffisamment endommagé sa cible précédente faisait route vers la suivante à bon train. Cette fois, les Pingouins n’eurent pas le loisir de s’amuser à l’intérieur des docks, car les deux portes volèrent en éclat au même moment.
Les transports n’avaient pas attendu aussi longtemps pour larguer leurs barges de débarquement sur Arkania. La menace des chasseurs écartée, rien ne pouvait empêcher la multitude noire et blanche de se répandre sur toute la planète. Tous les appareils se regroupèrent autour du Guerre Eternelle, qui s’était positionné à portée de tir du premier chantier. Un petit contingent de troupes fut mis en faction de l’autre côté d’Arkania pour servir de comité d’accueil à d’éventuels nouveaux arrivants. En fait, à par quelques chasseurs isolés et des appareils civils, rien ne se présenta. Finalement, les Pingouins rasèrent la capitale d’Arkania et emportèrent ce qui les intéressait. Ceci fait, tous remontèrent dans les barges et déguerpirent avant l’arrivée des renforts. Les transports et leur escorte commencèrent à s’éloigner de la planète et lancèrent un missile chargé d’une tête à antimatière. L’équipage du Mipator jubilait en regardant le petit point rouge rétrécir et disparaître. Même Mëip et Mip Miep étaient venu voir. Mmip bavait sur sa console de tir. Une minute plus tard, un violent éclair aveugla les Pingouins. Lorsqu’ils retrouvèrent la vue, ce fut pour constater qu’une immense auréole de flammes se propageait lentement (vu de l’espace, si vous aviez été sur place, vous auriez trouvé qu’elle allait très vite) à travers les continents. Après avoir dévasté un bon tiers de cette face de la planète, les flammes s’estompèrent, mais un grand nuage de poussières brûlantes propulsé à plusieurs milliers de kilomètres par heure pris la relève. Sur place, les arbres étaient soufflés comme de vulgaires brindilles, les bâtiments étaient déchiquetés, et les prairies recouvertes d’un épais nuage de cendres noires. Seuls les océans échappèrent à l’onde dévastatrice, mais ils seraient transformés en gigantesques lacs de boue par les retombées. Quant à la région de l’impact, elle serait défigurée par les secousses sismiques provoquées par l’explosion. Les Pingouins applaudirent en criant et en chantant, et lorsque la première flotte Arkanienne arriva quelques minutes plus tard, ce ne fut que pour trouver une planète noircie et méconnaissable (enfin, pas connaissable du tout, si vous voulez mon avis). Les Pingouins, eux, s’étaient évaporés dans l’espace, de même que les racines de toute une civilisation.
LA FIN
Le succès total du blitzkrieg sur Arkania venait se combiner à la réussite de l’offensive majeure sur le front. Les Pingouins avaient réussi à pacifier plusieurs systèmes en une seule journée, et la destruction d’Arkania eut des conséquences plus importantes que prévu. L’ennemi fuyait souvent avant le début du combat sans demander son reste. La principale flotte organisée autour du vaisseau amiral Fleur de Feu était en réparation d’après le service de renseignements, pourtant aucun Pingouin ne la revit avant la fin de la guerre. On présume qu’elle a fui vers d’autres quadrants à la suite d’une mutinerie ou quelque chose comme ça (les Pingouins ne connaissent pas vraiment le principe des mutineries, qui semblent affecter seulement des peuples comme les humains, enfin des sous-Pingouins, quoi). En deux semaines, les Pingouins avaient rejoint Arkania pour une conquête définitive. Ils entreprirent un plan de revitalisation pour exploiter ses ressources tout à fait alléchantes, qui permirent la mise au point du procédé de ionisation des Pingouins myopes grâce à la découverte de gisements de Glkdnfk (voir "Resurrection" pour plus de détails. Vous n’espérez pas que je vais tout vous raconter à chaque fois, non ? Il faut suivre un peu). Le Mipator participa à d’autres batailles mais ne fut plus opposé aux vaisseaux Arkanians. Les Kroxigors étaient un autre type d’adversaires. Leurs appareils étaient très solides, mais ils n’avaient soit aucune maniabilité, soit aucun pilote digne de ce nom. En gros, il suffisait de rester derrière eux et de les mitrailler jusqu’à ce qu’ils explosent, ce que tout Pingouin savait faire, même le plus inexpérimenté. Le Mipator fut ensuite envoyé à la conquête d’autres territoires, et il joua un rôle important dans la défaite de civilisations extra-Pingouines, notamment contre des bestioles à la voix discordante vivant sur la lune Jakmart I du système Lekol Deffan. Il y eut aussi les Splurfs, les Glbofs, les Schwizims, et plein d’autres gars bizarres et plus ou moins gluants. Mmip, Miaïp et Ip Miap s’amusèrent beaucoup en combattant les chasseurs organiques stratosphériques des Splurfs qui faisaient "Schbluick !" en explosant. Pendant ce temps, de l’autre côté de la galaxie, les Pingouins avaient colonisé la Terre dans le système OXO III, également connu sous le nom de Système Solaire. On raconta d’amusantes histoires sur un peuple mégalomaniaque vivant sur un des continents de la Terre, et qui développait une véritable paranoïa au sujet de créatures venues du ciel, et les Pingouins se firent un devoir de les exterminer en premier. Cependant, leurs craintes n’étaient pas justifiées, car le peuple en question se révéla aussi facile à écraser qu’un insecte (et pas celui de "Vol 714 pour Sydney"). On découvrit chez les habitants de la Terre les plans d’un chasseur spatial révolutionnaire basé sur le principe de déflecteurs anti-gravité. Mip Mip reçut une proposition pour en piloter un, qu’il accepta avec fierté, alléché par ce nouveau challenge. L’équipage du Mipator fut dissout. Mmip et Ip Miap devinrent canonniers à bord du croiseur Pingouin Fearless; Miaïp se vit offrir un poste d’instructeur sur Imperia Prime. Il forma des canonniers pendant plusieurs années avant d’être tué lors d’un exercice en vol par un élève devenu meilleur que lui et qui prit logiquement sa succession (ça s’passe comm’ça, chez les Pingouins !). Mip Mip connut une brillante carrière de pilote de chasse à bord de son nouvel appareil, et il conserva des contacts avec Imip, qui était devenu Commandant en second du transport-bélier Poing Impérial renommé ainsi après son inauguration magistrale contre la station Arkanienne Gardien des Etoiles. Mëip prit sa retraite à la suite de l’épopée du Mipator, tandis que Mip Miep fut chargé de la rénovation du petit escorteur, remis aux nouvelles normes et considérablement amélioré grâce aux progrès des déflecteurs anti-gravité. Il récupéra son poste sur ce vaisseau, rebaptisé Légende et confié à un nouvel équipage. Il vola encore pendant de nombreuses années.
FIN FINALE
Putain, dix pages. Faut que je me calme.
Et les Pingouins de reprendre leur conquête de l’espace. Non, je déconne.
Tiens, ça me fait penser à une histoire drôle:
C’est une girafe qui demande à une Audi Quattro cinq portes:
- Dis, pourquoi tu manges les girafes ?
Et la voiture de manger la girafe.
Désolé.