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LES NOUVEAUX CONQUÉRANTS DU MONDE

 

Par Penguinator(Pg).

Cet ouvrage sera entièrement consacré à une seule et unique civilisation, la plus prospère d’entre toutes, puisqu’elle est destinée à la domination de l’univers dans son entier. A la base de cet empire interstellaire, un peuple, courageux et volontaire, dont chaque individu n’a qu’un seul but: servir l’intérêt général. J’aborderais ici les principaux aspects connus de leur histoire, leurs moeurs originales et captivantes, et leur façon particulière de considérer et de tirer profit des avantages des autres civilisations.

Vous l’avez compris, je parle bien sûr des pingouins.

 

A LONG TIME AGO, IN A GALAXY FAR, FAR AWAY...

Alors que bien loin de là, les humains n’étaient que des singes grimpant aux arbres, sur une petite planète perdue dans la galaxie éclosait une nouvelle race intelligente. Il ne nous reste aucune trace des ancêtres des Pingouins, aussi me contenterais-je de les passer sous silence. Les Pingouins, donc, avaient pris le contrôle de leur monde par la force, avec leur habituelle, et d’ores et déjà présente, combativité. Lorsqu’ils n’eurent plus aucun prédateur à redouter, ils adoptèrent un mode de vie nomade, sillonnant les grandes plaines désertiques de leur monde à la recherche de quelque créature intéressante. Les Pingouins avaient en effet trouvé leur passion: ils adoraient se battre. Ils vivaient donc seuls jusqu’à ce qu’ils rencontrent un Pingouin du même sexe, et après quelques minutes d’observation réciproque, ils engageaient le combat. La plus dangereuse arme des pingouins était alors leur bec, qu’ils utilisaient pour crever les yeux de leur adversaire, ou alors pour leur découper une entaille dans le ventre et en extraire les intestins. Ils appréciaient aussi de sonner leur opposant et de lui frapper le crâne jusqu’à percer un trou par lequel coulait la cervelle. Enfin bref, la première partie du combat était violente et rapide, s’achevant par la chute d’un des protagonistes. Et c’est là que les choses se compliquaient pour le vainqueur, qui se devait de finir l’autre. A l’époque, aucun Pingouin ne maîtrisait la technique pour se relever après s’être couché, et il était donc impossible de faire usage du bec pour achever un Pingouin au sol. Il fallait donc le rouer de coups de pieds. Etant donné la faible course de leurs jambes, cela revenait à frapper sans discontinuer pendant deux jours et deux nuits. Cette pratique primitive s’achevait en général par la mort des deux lutteurs, le vainqueur mourant d’épuisement ou d’infection du pied.

Or donc, les Pingouins semblaient condamnés à une lente évolution et à rester un peuple primitif et inefficace. Par chance, il existait une anomalie génétique chez les Pingouins, qui conduisait à la naissance dans environ un cas sur mille d’un Pingouin macrocéphale totalement incapable de se battre. Evidemment, ces Pingouins se faisaient rapidement éliminer par les autres, mais il advint que l’un d’eux parvint à survivre plusieurs années. Dès qu’il entendait quelqu’un arriver, il se jetait dans les fourrés pour leur échapper: il avait découvert une technique pour se relever rapidement, mais sa complexité dépasse l’entendement humain. Cette vie encore bien plus solitaire que celle de ses congénères le poussa à développer ses facultés mentales. Finalement, il fut capturé par un Pingouin très fort et endurant (il avait distribué des milliers de coups de pieds sans être mort de fatigue), qui avait l’habitude de laisser son aile droite repliée sur son ventre. On l’appelait Napingouinlon. L’autre le supplia de ne pas le tuer et lui révéla qu’il connaissait une manière de le rendre invincible. Bien qu’il fût déjà relativement invincible, il réalisa tout de suite quels avantages il pourrait en tirer et épargna le pauvre malformé. En fait, celui-ci avait découvert comment fondre le fer pour fabriquer des outils tranchants, et son instinct de Pingouin lui fit comprendre qu’il pourrait faire des armes très efficaces. Sous la protection de Napingouinlon, il construisit une petite fonderie et équipa son maître du meilleur sabre qu’il pût fabriquer. Napingouilon prit soin de repousser tous les Pingouins attirés par la fumée, tout en surveillant son esclave, en qui il avait une confiance assez limitée (et il avait bien raison). Armé de cette trouvaille, il partit en croisade et fut reconnu et adulé par les autres Pingouins qui le surnommèrent "l’Empereur Nap’". Pendant ce temps, les découvertes du génial Pingouin progressaient à grands pas, et en moins d’un demi-siècle, il découvrit comment utiliser la poudre, et fabriqua de nombreux matériaux composites. Il étudia la matière sous toutes ses coutures, découvrit le potentiel de l’énergie atomique, et ses recherches en astronomie lui révélèrent l’existence de nombreuses planètes dans le système solaire.

Nap’ commit alors une erreur, il laissa filtrer le secret de la bombe atomique dans son peuple. Alors, les Pingouins, jusqu’ici subjugués par la puissance de Nap’ virent resurgir leurs instincts guerriers et tout le monde avait un projet de conquête du monde dans son coin (un peu comme les humains en gros, d’ailleurs, peut-être est-ce ton cas, lecteur...). Une poignée de Pingouins qui s’était organisée en rébellion contre l’Empereur Nap’ compris ce qui allait arriver et réussit à capturer le génie au service de l’Empereur. Il n’avait aucun antidote contre la bombe atomique (somme toute, les Pingouins n’étaient pas très malins en ces temps reculés), mais ses recherches en matière de propulsion atomique étaient terminées, et les rebelles en trouvèrent l’intérêt. Sous sa direction, ils bâtirent en quelques semaines une fusée nucléaire et s’embarquèrent à bord. Comme le génie leur avait tout expliqué sur le fonctionnement de la fusée, ils le laissèrent sur place, et les Pingouins, ingrats (gras ?) comme à leur habitude, ne retinrent même pas son nom, que je ne peut donc pas restituer ici. Pourtant grâce à lui, alors que la planète d’origine des Pingouins étaient en proie à un kollosal holokost’ nukléair’, quelques individus parvinrent à s’échapper dans l’espace, et ce fut le salut des Pingouins.

LE MONDE PINGOUIN

Contrairement aux apparences, ce chapitre ne traite pas du tout de la dernière erreur d’un certain Steven S. Peut-être une prochaine fois, quand il y aura dans le vocabulaire français des expressions à même de retranscrire ma haine envers ce cher Steven... et quand ça arrivera, les dinosaures auront des tutus roses avec de la dentelle. Euh, pardon, là je m’égare. Non, en fait, ce chapitre est la suite du précédent, ce qu’un lecteur attentif aurait dû remarquer. Cette remarque était donc stupide, non mais ! Oui, je sais, je m’égare. Enfin bref...

Donc, nos chers Pingouins avaient de la chance: ils venaient d’échapper à un Kahn (c’est un mot que je viens d’inventer, ça veut dire Kollosal Holokost’ Nukléair’, et à mon avis, c’est un mot qui a un grand avenir devant lui), leur fusée n’a pas explosé au décollage, ils ont réussi à la guider, ils ne sont pas radioactifs, et ils réussirent à localiser une planète habitable dans leur système. Ils décidèrent donc de s’y poser, et lors de leur approche, ils réalisèrent qu’une civilisation très avancée y vivait. Ils furent accueillis chaleureusement à leur arrivée, ce qui les fit bien rire, car l’élimination des autochtones était déjà programmée. Ce fut d’ailleurs une chance, qu’ils les trouvent, car sinon, ils se seraient probablement entre-tués. Les créatures avaient la peau bleu et portaient tous de grands bonnets blancs, bien qu’ils fussent tous minuscules, bien plus petit, à vrai dire, que les Pingouins. Leur chef leur appris qu’ils se nommaient les Sfpmuorthcs. C’était un vieux type barbu, avec un bonnet rouge, qu’ils appelaient le Grand Fpmuorthcs. Il avait l’air encore plus niais que ses congénères, ce qui n’est pas peu dire, d’après les légendes pingouines. Les Pingouins investirent la capitale de la planète qu’ils nettoyèrent de tous les Sfpmuorthcs qui y vivaient. Ils s’amusèrent beaucoup, car lorsqu’on marchait sur un Fpmuorthcs, cela produisait un petit "spruitch" particulièrement tordant. Les Pingouins découvrirent que les Sfpmuorthcs possédaient plein de technologies très avancées, comme les rayons laser et des cuves de clonage, par exemple, mais ils n’avaient même pas compris leur utilité, tellement ils étaient niais. Les Pingouins produisirent en masse d’autres Pingouins grâce aux cuves de clonage, et les équipèrent de fusils-laser. Cependant, le fusil-laser ne fit pas une grande carrière dans leur armée, car bien qu’il fut efficace, il ne faisait pas de bruit, n’avait pas de recul, et ne faisait pas gicler le sang des victimes. Quoi qu’il en soit, l’éradication des Sfpmuorthcs prit beaucoup de temps, ce qui permit aux Pingouins de rester unis sous les ordres d’une Assemblée dirigeante. Les chefs Pingouins l’avaient bien compris, et l’aptitude à fuir et à se cacher des Sfpmuorthcs maintint les Pingouins occupés assez longtemps, ce qui fut une chance. L’autre leçon qu’ils n’avaient pas oubliée était de garder en vie quelques Pingouins macrocéphales, ce qui leur permit de mettre au point certaines technologies que les Sfpmuorthcs n’avaient pas entièrement exploré. Ceux-ci avaient fabriqué de gigantesques paraboles pour capter les ondes venues du ciel, et ils avaient localisé de nombreuses civilisations aux quatre coins de la galaxie (c’est une expression, la galaxie n’a pas de coin, hein). Les pauvres imbéciles s’employaient à envoyer des messages de paix, ce que les Pingouins rectifièrent dès que possible. Ils ne purent s’empêcher d’envoyer le message "Kill All ! Kill All !..."

aux fins-fonds de l’espace (c’est une expression, l’espace n’a pas de fond, d’accord ?). Il ne restait plus aux Pingouins qu’à trouver le moyen de se rendre jusqu’à ces mondes. Les Sfpmuorthcs avaient découvert l’existence de l’antimatière depuis longtemps déjà, et projetaient de construire des centrales électriques à antimatière, deux ou trois réacteurs permettant d’alimenter une planète entière. Bien qu’il semblât évident aux Pingouins que pour en arriver là, ils avaient forcément créé une bombe à antimatière, ce ne devait pas être le cas puisqu’ils n’en trouvèrent pas les plans. Pauvres Sfpmuorthcs...

Les chefs Pingouins se souvinrent cependant du Kahn qui avait anéanti leur planète, et lorsqu’ils eurent mis au point la bombe AM, ils se gardèrent bien d’en avertir la population. Par contre, ils finalisèrent les réacteurs de propulsion à antimatière, et en équipèrent leurs vaisseaux spatiaux. Ils envoyèrent ainsi des centaines de vaisseaux éclaireurs sillonner l’univers, avec pour but d’établir des avant-postes sur les futures conquêtes des Pingouins. Pendant ce temps-là, les Pingouins construisaient de gigantesques docks orbitaux dans lesquels ils assemblaient de monstrueux vaisseaux de guerre à même de transporter des millions de Pingouins jusqu’aux confins de l’espace connu (qui n’a pas de fins, ni de con, je vous le rappelle).

Or donc, les Pingouins alertaient leurs chefs dès qu’ils avaient infiltré les points faibles des civilisations extra-pingouinesques, et un vaisseau était envoyé pour raser l’ennemi, le plus souvent avant même qu’il comprît qu’il était l’ennemi, et la conquête de l’univers allait bon train. Ils prenaient grand plaisir à exterminer des milliards d’innocents, d’autant plus que quand ils le faisaient, il ne leur venait même pas à l’idée de s’en prendre à leurs congénères. Si la planète les intéressait, ils se livraient à un massacre en règle, sinon, ils envoyaient des bombes atomiques sur les bases militaires avant de régler le sort de la population à grands coups de Kahn. S’il y avait des survivants, ils descendaient les finir à la mitrailleuse ou à l’uzi. Evidemment, ça ne faisait pas vraiment rire le peuple victime, mais comme tous les Pingouins étaient occupés à crever de rire, personne ne s’occupait de leur complainte.

THE EXTRAPENGUINS STRIKE BACK

Malgré la rapidité de la progression des Pingouins, qui contrôlaient déjà un bon tiers de cette galaxie, il arriva que certains extra-pingouins sentent la tempête approcher, et réalisant leur faiblesse, décident de s’allier avec leurs voisins. Ce fut le cas des Arkanians. C’était de sveltes humanoïdes plaçant au plus haut point la culture, l’art, et la noblesse d’esprit. Les humains les auraient sans doute vénérés, les Pingouins les jugèrent ridicules et pathétiques. Les Arkanians maîtrisaient depuis des lustres les voyages spatiaux, et ils avaient terraformé un certain nombre de planètes autour de leur monde natal. Ce fut d’une certaine manière leur planche de salut, car les Pingouins ne savaient pas terraformer (bien qu’ils sachent parfaitement vénussoformer, marsoformer, et même mercuroformer), et ce savoir les intéressait beaucoup. Ils choisirent donc de ne pas Kahner les Arkanians (Ca sonne bien, je vous l’avait dit que ce mot était promis à une croissance... euh... champignonesque). Depuis des siècles, les Arkanians protégeaient leurs colonies et leurs routes commerciales contre les Kroxigors, de belliqueux extra-pingouins qui possédaient eux-mêmes un Empire assez étendu, bien qu’il fût ridicule comparé à celui des Pingouins. Les Kroxigors avaient de plus étendu leur domination sur d’autres peuples qu’ils gardaient comme vassaux, car malgré leur technologie avancée, ils avaient une approche plutôt médiévale de la guerre. Bien que les Arkanians détestent la guerre, ils comprirent que le conflit avec les Pingouins était inévitable. Les Kroxigors leur répugnaient, mais ils se risquèrent à solliciter une entrevue avec le grand Roi des Kroxigors. Ils lui exposèrent ce qu’ils savaient sur les Pingouins, et après des mois de débats et de contrats avortés, ils parvinrent à un retournement d’alliances. Les Kroxigors étaient au premier abord favorables aux pingouins, qui plaçaient les Arkanians entre le marteau et l’enclume, mais ils finirent par admettre la supériorité des Pingouins, et la nécessité d’une alliance avec leurs ennemis de toujours, les Arkanians.

Et cette alliance aurait pu être la perte des Pingouins s’il n’avait fallu aussi longtemps pour la mettre en place. Les Pingouins s’attendaient bien à des représailles, mais pas d’une telle violence, et avec une telle concentration de troupes. Comme ils ne leur était jamais venu à l’idée que l’on pouvait pactiser avec les autres, ils pensaient attaquer les Arkanians, puis les Kroxigors, mais pas les deux à la fois. De fait, les Arkanians avaient d’excellents chasseurs, et ils réussirent un certain nombre de frappes chirurgicales sur le front des Pingouins, et mirent à mal leurs capacités de production. Cependant, une fois les défenses orbitales éliminées, ils laissaient la place à leurs alliés, car s’ils étaient très habiles au manche d’un chasseur de supériorité spatiale, c’étaient en vérité de bien piètres soldats. Les Kroxigors, eux, avaient des vaisseaux peu efficaces, mais de conception robuste, et lorsqu’ils débarquaient sur le champ de bataille, leur grande force et leur taille leur permettaient de déployer une violence inouïe, un seul Kroxigor étant capable de mettre à terre une bonne dizaine de Pingouins, et de les renverser comme des quilles (ce qu’ils sont à proprement parler) lorsqu’ils chargent. La nouvelle alliance repris plusieurs planètes, et empêcha les Pingouins d’y reprendre pied, car les Arkanians organisaient des raids sur les croiseurs de guerre des Pingouins, qui étaient complètement sidérés de voir ces minuscules appareils mettre en pièce leurs énormes créations. Les Kroxigors découvrirent la technologie de la bombe AM sur les mondes conquis, et la transmirent aux Arkanians, qui élaborèrent des moteurs à antimatière à même de remplacer leurs moteurs à ions, qui remplissaient leur rôle pour les chasseurs mais interdisaient la construction de vaisseaux de grande taille.

Les Kroxigors avaient commencé une stratégie de bombardement, et kahnèrent plusieurs mondes Pingouins, malgré les reproches des Arkanians. L’alliance avaient ainsi reconquis ou neutralisé une trentaine de mondes, et la victoire semblait à portée, lorsque la lourde machine de guerre des Pingouins se mit enfin en marche.

Tous les centres de clonage sur les mondes centraux de l’Empire Pingouin tournaient à plein régime, et les nouveaux docks orbitaux produisirent des dizaines de vaisseaux de guerre, remplis de milliards de guerriers Pingouins. Ils appareillèrent vers le front. La plupart d’entre eux eurent pour tache de renforcer la ligne de défense des Pingouins, mais quelques uns se dirigèrent lentement mais silencieusement vers les mondes centraux des Arkanians. En parfaite synchronisation, trois croiseurs attaquèrent le flanc des Arkanians, alors qu’une dizaine approchaient du front. Les Arkanians crurent à une grossière diversion, mais par le flanc endommagé de leur domaine, deux gigantesques vaisseaux de transport parvinrent à s’infiltrer, et se dirigèrent vers Arkania, monde natal et perle de toutes leurs possessions. Lorsqu’ils comprirent ce qui arrivait, il était déjà trop tard. Des légions hurlantes de Pingouins assoiffés de sang (sic) rentraient dans la capitale et mettaient en déroute les défenseurs, malgré la hargne désespérée qu’ils mettaient à protéger leur chère cité. Les Pingouins rasèrent le palais des régents, et ils incendièrent la Vieille Bibliothèque. Quand les Arkanians virent le symbole de millénaires de culture et de raffinement partir en fumée, tout courage les abandonna et nombreux se suicidèrent tandis que les Pingouins mourraient de rire par centaines. En bref, c’était l’hécatombe. Les Arkanians survivants se replièrent loin des ruines de leur planète avec ce qui restait de leur flotte. Les Kroxigors leur refusèrent l’asile, pensant pouvoir tenir tête aux Pingouins et ignorant l’arrivée des renforts. Ils subirent la plus dévastatrice vague de Kahns de l’Histoire, et leur infériorité dans l’espace leur interdisait toute contre-attaque. Les vassaux des Kroxigors choisirent alors de fuir avec les Arkanians.

Des centaines d’années plus tard, les Pingouins continuent leur expansion, d’autant plus efficace qu’ils maîtrisent la terraformation. Cependant, leurs conquêtes se ralentissent. Les descendants des Arkanians de ce qu’on appelle désormais "la Grande Guerre des Kahns" constituent une épine sur le flanc des Pingouins. Ils ont découvert de nombreux moyens de brouiller les ondes qu’ils émettent et se dissimulent aux oreilles attentives des Pingouins. Pire que cela, ils explorent les systèmes les plus reculés de l’univers et avertissent ses habitants de l’existence des Pingouins, et leur apprenne comment se camoufler. La guerre civile menace le Grand Empire mais une civilisation naissante, aux ressources jusque là insoupçonnées vient d’être découverte, et les Arkanians ignorent encore son existence, ce qui pourrait donner un nouveau souffle aux conquêtes des Pingouins.

STARSHIP PINGOUINS

En un laps de temps très court, un siècle à peine, les Humains découvrirent la radiocommunication, la bombe atomique, l’énergie nucléaire, l’antimatière (qu’ils ne maîtrisaient pas encore) et envoyaient des sondes explorer leur système et les environs. Tout cela, les Pingouins le connaissait déjà, et les Pingouins auraient pu kahner les humains avant même qu’ils ne s’en aperçoivent. Mais les Humains possédaient des appareils très performants pour la réception des ondes, et peut-être permettraient-ils aux Pingouins de découvrir de nouveaux mondes à conquérir, et même de localiser les cachettes des derniers Arkanians. Ils redoublèrent donc leurs efforts pour infiltrer le gouvernement Humain et planifièrent un débarquement.

Du point de vue des Humains, les Pingouins habitaient dans le système de Proxima du Centaure, et ils avaient eu beaucoup de chance de ne pas se faire remarquer jusque là. Mais l’inévitable arriva lors des premières utilisations intensives de la radio, puis de la télévision, qui inondèrent l’espace voisin d’ondes artificielles faciles à repérer. Peut-être les Humains unis auraient-ils pu repousser les Pingouins, car en l’an 1949 de notre calendrier, un vaisseau éclaireur des Pingouins s’écrasa sur le sol américain, son pilote étant en état d’ébriété (les Pingouins adorent la vodka). L’armée s’en empara, et répandit d’incroyables rumeurs de petits hommes verts et je ne sais quoi d’autre, auxquelles les Humains, qui n’étaient pas particulièrement fin (surtout dans la contrée de l’accident), s’empressèrent de croire dur comme fer. En fait, les savants Humains étaient très perplexes devant leur découverte. En effet, il existe sur Terre des animaux à la physionomie très proche de celle des Pingouins, mais ce ne sont que de vulgaires volatiles idiots. Les Humains les appellent "manchots". A noter qu’il existe d’autres volatiles appelés pingouins, mais ils ressemblent assez peu aux vrais Pingouins. Donc les américains avaient trouvé un engin spatial conduit par un manchot, et leurs recherches auraient pu s’arrêter là, car le Pingouin étant mort, il ne put prouver qu’il n’était pas manchot. Bon, d’accord, c’est un peu embrouillé, mais on s’en fout, car l’intérêt, c’est que les américains découvrirent un moteur d’un nouveau type dans l’appareil, un moteur à antimatière. Les Humains sont très industrialisés, il n’y a qu’à respirer pour s’en rendre compte, aussi auraient-ils pu fabriquer rapidement des copies de l’éclaireur Pingouin. Par chance, les Humains étaient presque tous belliqueux et xénophobes, et ils étaient si bornés qu’ils étaient incapables de penser au-delà de leur planète crasseuse, qu’ils surnommaient prétentieusement "la planète bleue", mais qui était plus grise que bleue. Et pour couronner le tout, les américains étaient de tous les Humains les plus belliqueux, xénophobes, et bornés. Par conséquent ils se gardèrent bien de faire savoir leur découverte. Aucun vaisseau à propulsion AM ne fut jamais fabriqué, et les Humains n’eurent pas le temps de mettre au point une bombe AM suffisamment stable avant le moment fatidique.

Les Pingouins avaient déjà saisi de nombreux aspects de la civilisation Humaine, grâce à leurs observations et aux nombreux espions Humains qu’ils avaient recrutés. Cependant, les Pingouins savaient que les armes atomiques et chimiques de leur adversaire étaient très efficaces, et ils avaient des doutes en ce qui concerne la bombe AM. Les radars des humains ne permettaient donc pas un débarquement direct depuis les transports spatiaux. Petit à petit, les Pingouins débarquèrent au pôle Nord de la Terre, tout discrètement, quelques milliers tout au plus. Ils fabriquèrent un grand centre de clonage sous les glaces de l’océan arctique et installèrent des fabriques d’armes et des foreuses qui creusèrent des galeries jusqu’aux continents habités par les Humains. Lorsqu’ils furent suffisamment nombreux, ils envoyèrent des missiles nucléaires sur toutes les bases de lancement humaines qu’ils connaissaient, et leur habileté à tirer depuis des endroits invraisemblables pour les Humains créa une formidable embrouille diplomatique, de sorte que les peuples Humains se déclarèrent mutuellement la guerre. Les Pingouins choisirent cet instant pour émerger de leurs sombres tunnels, et ils eurent tôt fait de balayer les Etats-Unis et la Russie, qui étaient les deux dangers les plus faciles à atteindre. Leur première attaque eu lieu en Octobre 2004, et les Humains comprirent (ça leur arrive parfois) qu’ils avaient été abusés (ça leur arrive souvent) et entreprirent de se défendre. Mais ils n’étaient pas assez nombreux et bien préparés pour se défendre efficacement, et les quelques bastions de résistance en Europe furent tous annihilés en moins de trois mois. Les Humains étaient de moins en moins nombreux, et les Pingouins maintenaient voire renforçaient leurs objectifs grâce à leurs centres de clonage. La deuxième phase du combat commença ensuite. L’Amérique Latine et l’Afrique mal équipées et désorganisées ne furent qu’une formalité, mais deux ans plus tard, en 2007, les Pingouins bloquaient toujours sur la Chine, où la population était plus dense que n’importe quel Pingouin censé ne peut l’imaginer (il y avait environ deux milliards de Chinois en 2005), et en Inde, où la relève arrivait tellement nombreuse qu’on aurait dit qu’ils avaient découvert la technique du clonage...

Les Pingouins pataugeaient, et aucun progrès n’était fait. Ils se risquèrent finalement à envoyer un transport spatial bourré de renforts. Celui-ci tenta une approche par la face ravagée de la Terre, mais à quelques minutes de l’atterrissage, une volée de missiles d’origine inconnue vint frapper le vaisseau. Il fut sérieusement endommagé et se posa en catastrophe en plein milieu de la Chine, provoquant des ravages considérables, non seulement à cause de sa taille, mais aussi à cause des incendies qu’il provoqua en chutant dans l’atmosphère. Les Pingouins lancèrent alors une grande offensive, et des milliers d’autres surgirent de l’épave encore fumante du colosse. Les Humains furent surpris et la déroute le l’armée Humaine devant l’armada des Pingouins marqua le tournant de la guerre. Les Pingouins investirent la totalité de l’Eurasie avant 2010, et la guerre devint un guérilla, les Humains étant contraint de se cacher dans les souterrains et les égouts. Les Pingouins usèrent et abusèrent du lance-flammes, car l’agonie des Humains était très longue lorsqu’ils brûlaient, et les Pingouins, comme chacun sait, jouissent des cris d’agonie de leurs victimes. Les navires des humains furent torpillés ou bombardés par les nouveaux chasseurs des Pingouins, qui avaient découvert les plans d’un chasseur révolutionnaire dans une base secrète japonaise. C’était un appareil équipé d’un réacteur à antimatière primitif, que les Pingouins améliorèrent, et il était équipé de déflecteurs anti-gravitiques, une technologie inconnue pour les Pingouins et naissante pour les Humains. Il produisait une sorte de bulle de protection qui repoussait l’eau et tous les missiles, balles, etc..., de sorte qu’il pouvait évoluer aussi bien en atmosphère que dans l’espace, et même sous l’eau à faible profondeur, et seuls des bombardements de particules élémentaires, tels les lasers, les décharges électriques, et les canons à ions pouvaient les atteindre. Les Pingouins fabriquèrent un grand nombre de ces appareils, et ils s’en servirent pour terminer les Humains et conquérir d’autres planètes. Grâce à sa maniabilité extraordinaire, une poignée de chasseurs suffisait désormais à neutraliser toutes les défenses aériennes de l’ennemi.

Leur succès fut total. Sur la Terre, les Pingouins découvrirent de nouveaux détecteurs de civilisation et purent reprendre leur conquête. Ils implantèrent des mines de métal et de pétrole sur la planète, ainsi que des collecteurs d’eau et une immense usine destinée à fabriquer les nouveaux chasseurs. Les îles du Pacifique sont devenues des réserves naturelles où les Pingouins qui s’ennuient viennent chasser les Humains dans des safaris effrénés, car les Humains ont la peau dure et se renouvellent presque aussi vite que les Pingouins, et il en reste toujours quelques-uns par ci par là.

Ainsi finit la dernière grande guerre de cette partie de l’univers. Les Pingouins regardent désormais vers d’autres galaxies, et finissent la mise au point des propulseurs à déformation spatio-temporelle qui leur permettront de s’y rendre. Les éclaireurs sont sur le départ, et les Pingouins ont encore des réserves d’Arkanians, d’Humains, et autres anciennes grandes civilisations à se mettre sous la dent, à mitrailler, à kahner, à incendier, à déchiqueter, à écrabouiller, à tronçonner, à empaler, à découper en apéricube, à réduire en bouillie, à écorcher, à dévaster (oups, il semble que je m’égare...), bref, à massacrer.

LE PINGOUIN SANS FIN 3

Nous voici donc, cher lecteur, à la fin de cette "Penguin Story", du moins du côté de cette galaxie. En ce qui me concerne, et en remerciement de mon méticuleux travail d’informateur, les Pingouins m’ont confié la direction d’une mine d’extraction d’or. J’espère, cher Maître du Monde, que tu ne fais pas partie de mes esclaves. On murmure sur Terre que quelques rescapés sont parvenus à fuir à bord d’un prototype de fusée à antimatière, un peu comme les Pingouins au début de la présente histoire. Peut-être en faisais-tu partie. Si c’est le cas, je suis sûr que tu as trouvé un monde à ton pied quelque part dans les environs, mais n’oublies pas, invente un brouilleur d’ondes avant de produire des ondes... (c’était la morale de cette histoire 100% immorale)

 

Moi, Ici, le 24 Décembre 2037.

 

 

 

 

JUDGE PENG

Toute ressemblance avec des personnes ou des faits existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. Aucun animal n’a été blessé pendant le tournage, sauf des Sfpmuorthcs, des Arkanians, des Kroxigors, des zumains et des Pingouins, mais attention, pas de pingouins, qui ne ressemblent pas aux Pingouins qui seraient plutôt des manchots. Mais les manchots ne sont pas des Pingouins, ni des pingouins, bien qu’il y ait des Pingouins manchots, mais ils ne sont pas manchots pour autant, ce ne sont donc pas des manchots manchots, mais aucun manchot n’a été blessé pendant le tournage, seulement des Pingouins, mais pas de pingouins qui... euh... oui... Désolé...

Je tiens par ailleurs à préciser qu’aucune des créatures apparaissant dans cette oeuvre (?) n’est inspiré des travaux de Mrs Burton, Tolkien, Besson, et Oyep, pardon Peyo. Dans ma grande bonté, j’autorise Mr Verhoven à s’inspirer de "l’esprit Pingouin" pour son prochain film.

C’était le Legal Stuff comme disent les Anglais.

Voilà, c’est fini, françaises, français, et je vous dit: Au Revouââârrr...

 

 

 

P.S.: Ayant reçu l’oeuvre d’un de mes plus fidèles (?) lecteurs, un certain Olivier A. pour ne pas

le citer, je me suis longuement interrogé sur cette question: "Dois-je en tenir compte dans mon récit, ou pas ?" Après une longue méditation, et comme l’écrit en question m’était parvenu deux semaines en avance, j’ai choisi de l’ignorer et de poursuivre cette histoire comme je l’avais initialement prévu. En compensation, j’ai laissé dans mon récit plusieurs issues de secours qui pourraient lui donner la possibilité de rattraper dans le futur son pitoyable échec. Mais bon, à mon avis, il faudra au minimum deux bons siècles à ces pauvres larves d’humains pour s’en remettre. Ah ah ah !!!

J’ai dit.

Olivier.

Achevé d’imprimer en Décembre 1997.